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Intermittents: le gouvernement validera la convention chômage

La réforme du statut des intermittents provoque des dissonances à gauche.

La réforme du statut des intermittents provoque des dissonances à gauche. - -

Le gouvernement confirme ce 16 juin qu'il validera l'accord trouvé entre partenaires sociaux sur la nouvelle convention d'assurance-chômage. Il promet cependant une remise à plat du régime des intermittents.

Le "plein soutien" de Jack Lang à leur cause ne fera pas bouger les lignes. Le gouvernement confirme qu'il validera bien la convention chômage, dans un rapport remis au Conseil national de l'emploi et dont l'AFP a obtenu copie ce 16 juin.

Ce document, qui résulte de l'accord sur l'assurance-chômage trouvé entre partenaires sociaux, durcit le régime d'indemnisation des intermittents du spectacle. Ces derniers protestent depuis plusieurs semaines contre cette réforme.

Ce lundi matin, ils ont reçu l'appui de l'ancien ministre de la Culture, qui dénonce dans les colonnes du Parisien une mesure "injuste". Jack Lang a reconnu que "toute une série d'entreprises détourne ce statut". Mais ce n'est pas une raison pour "en faire payer le prix aux artistes". Il enjoignait le gouvernement à ne pas agréer l'accord des partenaires sociaux.

Mais l'exécutif n'a pas de marges de manoeuvre. La nouvelle convention Unedic concerne tous les chômeurs et pas seulement les intermittents. Or les syndicats signataires (CFDT, FO et CFTC) et le patronat ont prévenu le gouvernement: c'est tout ou rien. Soit il agrée l'intégralité de l'accord, soit il reprend le bébé et construit tout seul sa réforme de l'assurance-chômage. Ce qui porterait un coup fatal au dialogue social à quelques jours de l'ouverture d'une nouvelle conférence sociale à l'Elysée.

Ces derniers jours, les ministres ont multiplié les déclarations alambiquées. Le Premier ministre, Manuel Valls, a rappelé ce matin sur France Info que le gouvernement "respecte les partenaires sociaux" et que "cet accord concerne l'ensemble des demandeurs d'emploi".

Des décisions cette semaine

Michel Sapin avait délivré le même message sur Europe 1 dimanche. "On ne va pas remettre en cause l'ensemble de l'assurance chômage pour la question de l'intermittence", a martelé le ministre des Finances.

Tous deux ont néanmoins laissé entendre qu'une nouvelle réforme du statut des intermittents du spectacle pourrait intervenir, ultérieurement à l'agrément de l'accord sur la réforme de l'Unedic. Michel Sapin a estimé qu'il y avait des "avancées possibles". Et Manuel Valls a appelé, ce lundi, à "remise à plat" de ce système "arrivé à bout de souffle".

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, indique, elle, dans une interview au Monde daté du 17 juin, que la concertation entre l'Etat et les partenaires sociaux sur ce sujet, qui devait se tenir cet automne, sera avancée "au début de l'été". Selon elle, "le gouvernement est prêt à aller très loin" dans la concertation. "Les conditions de dialogue social n'ont donc pas été satisfaisantes", juge-t-elle, soulignant que ce sont "les partenaires sociaux qui peuvent modifier certains paramètres pour trouver la voie de l'apaisement".

Le chef du gouvernement a promis "un certain nombre de décisions" d'ici à la fin de la semaine, sur la base du rapport attendu du médiateur nommé par le gouvernement, le député socialiste Jean-Patrick Gille, auteur en 2013 d'un rapport sur les conditions d'emploi dans les métiers artistiques.

N.G. avec AFP