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Hollande: dégrader l'Union européenne est une décision "étrange"

François Hollande a ironisé sur la dégradation de l'UE par S&P.

François Hollande a ironisé sur la dégradation de l'UE par S&P. - -

A l'issue du Conseil européen de ce vendredi 20 décembre, le président de la République a réagi à la dégradation de l'Union européenne par S&P. Il a notamment jugé cette décision "étrange", car l'Union n'emprunte que "très peu".

François Hollande a maîtrisé l'art de l'ironie. A l'issue du Conseil européen de ce vendredi 20 décembre, le président de la République a réagi à la perte du triple A de l'Union européenne, dégradée par l'agence de notation Standard and Poor's.

"C'est intéressant de noter une Union européenne qui ne fait pas d'emprunt", a-t-il d'abord asséné, rappelant que la fonction même d'une agence de notation est d'attribuer une note aux émetteurs de dette.

"C'est étrange de dégrader l'Union européenne alors qu'elle fait très très peu d'emprunt", a-t-il poursuivi, rappelant que ces emprunts sont limités "à l'aide au développement".

Il est ensuite revenu sur l'une des explications invoquées par S&P pour justifier sa décision: les discussions budgétaires entre les Etats membres qui deviendraient de plus en plus tendues. "A ce moment-là, il aurait fallu dégrader la note depuis l'histoire même de l'Union européenne", a-t-il ironisé. Avant François Hollande, la Commission européenne, via Olli Rehn, avait déjà indiqué ne pas partager le verdict de S&P.

Le pacte de croissance avance

Auparavant, le président était revenu sur deux thèmes majeurs: la croissance et la fiscalité. Concernant le premier sujet, il a assuré que le pacte de croissance de 120 milliards d'euros, négocié en juin 2012, avance.

Il a expliqué que la Banque européenne d'investissement (BEI), une des structures mobilisées dans le cadre de ce pacte "va être recapitalisée". En France, cela se traduira "par 7 milliards d'euros de prêts de la BEI en 2013 et autant en 2014, soit le double de 2012", dixit François Hollande.

Une directive sur l'épargne va être révisée

Concernant ensuite la fiscalité, François Hollande s'est surtout félicité des progrès accomplis. Il est notamment revenu sur l'échange automatique d'informations bancaires et a affirmé que "l'Union européenne doit être un exemple pour la mise en œuvre" des règles liées à ce processus.

Il a rappelé qu'une directive sur la fiscalité des revenus de l'épargne doit être révisée. "Il a été décidé que l'accord interviendra en mars 2014", a-t-il révélé. "Les choses avancent, ce qui paraissait difficile à obtenir il y a quelques mois".

J.M.