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Heures sup', minimas sociaux, déficit: ce que promet Manuel Valls

L'ancien Premier ministre a dévoilé ce mardi un large pan de son programme en vue de la primaire socialiste.

Manuel Valls, candidat à la primaire de la gauche, a présenté ce mardi son "projet" présidentiel.

Doté d'un nouveau slogan ("Une République forte, une France juste"), le programme multi-thématiques de 50 pages présenté par l'ex-Premier ministre à la maison de la Chimie à Paris, comporte un important volet de réformes qui concernent les 27 membres de l'Union européenne. Mais pas seulement.

> Défiscalisation des heures supplémentaires

Comme il l'avait déjà évoqué au cours du mois de décembre, Manuel Valls est prêt à réinstaurer la défiscalisation des heures supplémentaires. Celle-ci avait été supprimée dès l’arrivée de la gauche au pouvoir, en 2012.

> Baisse des impôts et revalorisation des retraites

Manuel Valls l'a promis: "nous continuerons de baisser les impôts des classes moyennes et populaires". En plus de ces futures baisses d'impôts (dont il n'a pas précisé les contours) Manuel Valls entend aussi renforcer la prime d'activité, et revaloriser les petites retraites "contrepartie d'une vie d'efforts". Concrètement, le minima retraite sera augmenté de 10%.

> Inégalité salariale

Manuel Valls entend diviser par deux l'écart de salaires hommes-femmes, en cinq ans. Selon la dernière étude en date de l'Insee, à poste équivalent et avec des caractéristiques identiques (âge, secteur, condition d'emploi), une femme gagnait en moyenne 9,6% de moins qu'un homme, en 2014. 

> Un salaire minimum européen

Jugeant des écarts déloyaux au sein de l'UE, Manuel Valls propose notamment d'instaurer un salaire minimum européen variable suivant les pays (60% du salaire médian).

> Harmonisation de la fiscalité

L'ancien Premier ministre souhaite encadrer dans un "corridor", avec un minimum et un maximum, les impôts sur les sociétés des États membres. Les multinationales du numérique comme Google ou Amazon seraient, elles, taxées là où leur chiffre d'affaires est réalisé.

> Pas de retour à l'équilibre des finances publiques

En matière de discipline budgétaire, s'il entend respecter la règle européenne des 3% de déficit public maximum, l'ex-locataire de Matignon n'a pas l'intention de revenir à l'équilibre budgétaire à la fin du prochain quinquennat, jugeant "inopportun" de vouloir réduire le déficit "à marche forcée".

> Nouvelles dépenses et minimas sociaux

Le candidat à la primaire des 22 et 29 janvier le justifie par ses priorités: défense (objectif de 2% du PIB en 2025), sécurité (création d'au moins 1.000 postes de forces de l'ordre par an), justice (10.000 nouvelles places de prison), éducation (hausse du salaire des enseignants), recherche (1 milliard pour les universités) et financement d'un "revenu décent" d'environ 800 euros fusionnant les minimas sociaux.

Il promet toutefois "la poursuite de la baisse des dépenses obligatoires", en retenant une hypothèse de croissance de 1,9%.

> Un accompagnement pour les entrepreneurs

"Je veux une nation d'entrepreneurs, une nation qui innove et donc créé plus d'emploi", a déclaré l'ex-Premier ministre. Et, dans ce but, il proposera "un accompagnement systématique des entrepreneurs, un accès plus facile au crédit et un prêt de l'État à taux zéro sans remboursement les premières années".

"Je demanderai également à la Banque publique d'investissement de faire du développement de nos start-ups une priorité et une part des marchés publics sera réservée aux PME", a-t-il ajouté. 

> Provision de 15 milliards

Innovation budgétaire pour celui qui selon son entourage revendique "un droit d'inventer" plus qu'un droit d'inventaire: il propose une "provision" de 15 milliards d'euros sur le quinquennat pour faire face aux coups durs.

Manuel Valls, donné pour l'heure nettement distancé par les sondages à la présidentielle en cas de victoire à la primaire de la gauche, fait également plusieurs autres promesses dont un service civique obligatoire de six mois, la division par deux en cinq ans de l'écart salarial hommes-femmes, un prêt à taux zéro pour les entrepreneurs ou encore une revalorisation de 10% des minimas retraite.

Y.D. avec AFP