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Grand Paris: qui va présider cette coquille presque vide?

Le Grand Paris concerne 7 millions d'habitants

Le Grand Paris concerne 7 millions d'habitants - Joël Saget-AFP

Alors que ce vendredi Valérie Pécresse accède à la présidence de la région Ile-de-France, une autre élection agite les élus d'une partie de la région. A qui vont-ils confier la tête du Grand Paris? Une nouvelle structure administrative dont certains doutent déjà de l'utilité.

Une bataille chasse l’autre en Ile-de-France. Valérie Pécresse (Les Républicains) sera élue à la tête de la région ce vendredi après sa (courte) victoire sur le socialiste Claude Bartolone au second tour des Régionales du 13 décembre. 

Mais déjà les politiques franciliens pensent à la prochaine élection: celle du président du Grand Paris. Depuis mercredi et jusqu'au milieu de la semaine prochaine, les conseils municipaux de Paris et des 130 communes de proche banlieue qui vont composer ce Grand Paris élisent leurs représentants à la nouvelle métropole qui va voit le jour le 1er janvier. Et trois semaines plus tard, ils choisiront en leur sein leur président.

Le Grand Londres comme modèle

Mais quelle est exactement l’utilité de ce nouveau Grand Paris imaginé sous Nicolas Sarkozy et lancé sous François Hollande? Pour les plus pessimistes, il s'agit d'un nouveau "machin" bien dans la tradition française de l’empilement des échelons administratifs. Une structure de plus qui va se superposer à la région, aux départements de la petite couronne, aux intercommunalités, à la ville de Paris, et au Syndicat des transports d’Ile-de-France. 

Coïncidence? Hier jeudi 17 décembre, Paris et une vingtaine de communes de banlieue dirigées par la gauche ont créé une nouvelle structure baptisée Arc de l'innovation et destinée à développer des projets d'aménagement public-privé. N'est-ce pas justement l'une des vocations du futur Grand Paris? 

Mais d’autres plus optimistes y voient les prémices de la constitution d'une nouvelle métropole parisienne forte de 7 millions d’habitants qui aurait le poids du Grand Londres ou de New York et dépasserait notamment Berlin et Singapour.

Sauf que pour l’instant, le Grand Paris n’aura que des compétences résiduelles en matière de transport, de logement et d'aménagement, et un budget riquiqui de 70 millions d'euros quand celui de la région est de 5 milliards et celui de la capitale avoisine les 10 milliards.

Hidalgo et Pécresse veulent torpiller le Grand Paris 

Et la donne n'est pas près de changer. Ni Valérie Pécresse à la région, ni Anne Hidalgo à la mairie de Paris n’ont envie de partager leurs pouvoirs avec le ou la future patron ou patronne du Grand Paris.

Depuis les dernières municipales de mars 2014, la gauche est largement minoritaire dans la nouvelle métropole. Elle ne peut donc pas prétendre récupérer le poste de président. Mais elle ne veut pas avoir en face d’elle un poids lourds Républicain puisqu’elle va déjà avoir Valérie Pécresse à la région.

Elle va donc être tenté de faire élire plus ou moins discrètement un élu modéré sans ambition au niveau national et libre de tout engagement vis à vis de Nicolas Sarkozy. On parle ainsi du maire centriste de Sceaux, Philippe Laurent, un un grand spécialiste des finances locales. Voir de Gilles Carrez, le président LR de la commission des finances de l'Assemblée ntionale, ou encore de l'ancien ministre André Santini, député-maire UDI d'Issy-les-Moulineaux. 

L'inconnue NKM

Dans l'opposition, le poste suscite naturellement les convoitises. Nathalie Kosciusko-Morizet a été élue mardi conseillère du Grand Paris au titre de la capitale où elle dirige le groupe Républicains. Elle a longtemps semblé intéressée par la présidence de la nouvelle métropole avant de faire savoir qu’elle renonçait à être candidate.

Mais c’était avant les Régionales et son éviction de la direction des Républicains par Nicolas Sarkozy. Qui dit que le 22 janvier, elle ne voudra pas prendre une première revanche avant de se présenter à la primaire de l'opposition?

P.C