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Gérald Darmanin veut généraliser l'actionnariat salarié

Gérald Darmanin, élu samedi maire de Tourcoing, entend désormais "peser davantage sur les choix" pour le pays. Pour répondre aux attentes populaires, le ministre souhaite généraliser la participation des salariés aux entreprises.

"Le président de la République et le Premier ministre m'avaient autorisé à être ministre et candidat. Ils m’ont autorisé, pendant un temps et vu les circonstances exceptionnelles" liées à l'épidémie de Covid-19, "à exercer ces deux fonctions", a déclaré le ministre de l'Action et des Comptes publics dans un entretien au Journal du Dimanche. "Mais sans cumuler les rémunérations: je ne toucherai pas l’indemnité de maire", reversée à la Société protectrice des animaux.

Le ministre de l'Action et des Comptes publics, âgé de 37 ans, a été élu samedi maire de la deuxième plus grande ville du Nord derrière Lille. Gérald Darmanin retrouve ainsi le siège qu'il avait déjà occupé entre mars 2014 et septembre 2017. Il va donc cumuler les deux fonctions, et entend bien "peser davantage" sur les choix politiques et "continuer à travailler" avec Emmanuel Macron "pour réparer notre pays".

Le ministre appelle dans le JDD à "mener une politique pour le peuple" et plaide pour "une généralisation de l'actionnariat salarié": "Il est temps de ressusciter la grande idée gaulliste de la participation: les salariés deviennent actionnaires de leur entreprise, ils perçoivent leur part sur les bénéfices qu'elle réalise et ils augmentent leur pouvoir d'achat, en plus de leurs salaires, par l'intéressement. L'actionnariat salarié existe, je propose de le généraliser, de le simplifier, et de l'étendre; en versant aux salariés des montants importants et non plus symboliques; en raccourcissant le délai pour en bénéficier, en simplifiant encore le régime fiscal".

"Augmenter les impôts n'est pas une option"

Gérald Darmanin revient également sur l'endettement de la France pour sortir de la crise actuelle: "Si s'endetter n'est jamais une bonne nouvelle, il fallait le faire pour éviter la faillite générale et le chômage de masse". Aide exceptionnelle pour les ménages plus modestes, prime pour les soignants, financement du chômage partiel, aides aux entreprises et aux indépendants... le plan d'urgence du gouvernement pour surmonter la crise atteint 110 milliards d'euros.

Alors comment rembourser? Pour le ministre, la réponse est claire: "Augmenter les impôts pour nous ce n'est pas une option, car ce serait décourager le travail et l'activité économique". Le ministre veut faire le choix de la croissance "car la richesse crée de la richesse. C'est le pari que nous faisons: faire confiance aux entreprises et aux salariés".

Interrogé sur l'option d'une augmentation du temps de travail, le ministre estime que la décision ne doit pas venir "d'en haut" mais doit pouvoir "se décider dans l'entreprise, avec les salariés".

Gérald Darmanin défend la politique menée par le gouvernement depuis 3 ans et se montre optimiste pour "l'après crise": "Avant le Covid, notre croissance était supérieure à la moyenne européenne et notre taux de chômage au plus bas depuis 2008. Quand la crise sera passée, ces mêmes réformes nous permettront de rebondir plus vite que nos voisins".

Sandrine Serais