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François Asselin (CPME) anticipe jusqu'à 100.000 défaillances d'entreprises sur l'année à venir

Invité sur BFM Business ce mercredi, le président de la CPME ne sait pas si le pays sera confronté à un "mur des faillites" mais appelle le gouvernement à aider les entreprises saines avant la crise.

Est-on proche du mur des faillites? Après une année 2020 qui a vu le nombre de défaillances d'entreprises paradoxalement chuter grâce aux mesures de soutiens, les chiffres du mois de mars 2021 sont inquiétants.

Selon Altarès, les défaillances ont bondi de 155% sur les deux dernières semaines de mars par rapport à la même période de 2020. Le début d'une grande vague?

Selon François Asselin de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), si ces chiffres inquiètent, il faut cependant les prendre avec précaution.

Quand tout va bien on a 51.000 défaillances dans notre pays, quand tout va mal on n'a que 34.000 défaillances d'entreprises c'était en 2020, trouvez l'erreur, rappelait-il ce matin sur BFM Business. Ce rattrapage entre 34.000 et 50.000 on va le subir à un moment ou à un autre quand les entreprises sous perfusions ne vont plus l'être".

Autrement dit les 15.000 entreprises qui n'ont pas faillite en 2020, et qui auraient dû statistiquement pérécliter, risquent de le faire lorsque les aides de l'Etat vont cesser.

Sur douze mois glissant à partir du moment où on va débrancher les mesures de soutiens la sinistralité peut osciller entre 65.000 et 100.000 défaillances d'entreprises, estime le patron de la CPME. Mais pour autant les entreprises qui avaient un modèle économique tout à fait viable et qui, pour des raisons Covid, n'arriveront pas à s'en sortir là il faut adapter les mesures pour les sauver".

La fourchette basse de l'estimation serait donc seulement un rattrapage des défaillances qui n'ont pas eu lieu en 2020. La fourchette haute serait plus problématique car il induit que de nombreuses entreprises viables n'auront pas survécu à la crise du Covid.

80% de liquidations direct

Un chiffre cependant qui inquiète c'est la part des liquidations dans les défaillances.

La défaillance amène à 80% à la liquidation direct, rappelle François Asselin. On a affaire à des entreprises qui sont dans une fragilité extrême. Un taux qu'on n'avait pas atteint depuis 20 ans. Ce taux de sinistralité va augmenter c'est sûr. Maintenant est-ce que c'est un mur des faillites auquel nous devons faire face, je ne le sais pas."

La fédération des PME qui négocie avec le gouvernement des mesures d'accompagnement pour la sortie de crise craint des conséquences facheuses pour les dirigeants d'entreprises qui feront faillite dans les prochains mois.

Il ne faudrait surtout pas rajouter une catastrophe humaine à une catastrophe économique, prévient François Asselin. Nous avons fait 11 propositions au gouvernement et j'en citerais trois: qu'il n'y ait pas d'inscription systématique au fichier des incidents de paiement, que la dette sociale de l'entrepreneur qui est souvent une dette à titre personnel fasse partie de la liquidation pour qu'on ne vienne pas le chercher un mois plus tard à renfort d'huissiers pour lui demander une dette qu'il ne peut pas payer et troisièmement je demande à ce qu'il y ait un regard bienveillant sur le droit des cautions pendant cette période."

Des chefs d'entreprises de plus en plus stressés selon un sondage réalisé par Malakoff Humanis. Ainsi 17% d'entre eux assurent consommer de l'alcool tous les jours (7% chez les salariés) et 32% fument contre 23% des salariés. Une addiction qui s'est accentuée ces dernières années puisqu'ils n'étaient que 24% à assurer fumer en 2016 soit huit de moins qu'aujourd'hui.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco