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La rentrée 2019 coûtera encore plus cher aux étudiants, selon l'Unef

Selon la dernière enquête annuelle de l'Unef, les loyers et les transports participent en grande partie à la hausse du coût de la vie étudiante de 2,83% en 2019.

Loyers, transports, frais d’inscription… le coût de la vie étudiante continue de grimper, selon un rapport de l’Unef publié ce vendredi. Selon le syndicat étudiant, la rentrée 2019 coûtera 2,83% plus cher que celle de l’année dernière. Un chiffre qui croit "deux fois plus vite que l’inflation", ajoute-t-il, alertant sur la progression de la précarité étudiante.

En analysant les postes de dépenses et les différentes aides (bourses, aides au logement), l’Unef estime que le reste à charge mensuel sera compris entre 327,16 euros pour un étudiant boursier et 873,67 euros pour un étudiant non boursier. Le syndicat réclame ainsi "un plan d’urgence de refonte des aides sociales".

Les loyers poursuivent leur hausse

Premier poste de dépense, la hausse des loyers de 2,97% en moyenne dans les villes étudiantes contribue largement à l’augmentation du coût de la vie en 2019. Elle est davantage marquée dans le parc privé (+3,86%) que dans les logements du CROUS (+1,60%).

Les plus fortes hausses dans le privé sont enregistrées à Bordeaux (542 euros en moyenne, +11,07%), Evry (621 euros, 7,25%), Mulhouse (383 euros, +5,80%), Nanterre (744 euros, +5,38%) et Paris (873 euros, +5,18%). En moyenne, pour les grandes villes universitaires (Aix-en-Provence, Grenoble, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Bordeaux, Toulouse et Paris), cette hausse s’établit à 3,29%. Seules Saint-Denis et Créteil voient les loyers du parc privé diminuer. Comme l’an passé, l’Unef demande la généralisation de l’encadrement des loyers dans les villes universitaires.

Les transports en hausse dans les grandes villes 

Les transports en commun constituent un autre poste de dépense important pour les étudiants (258,63 euros en moyenne pour les boursiers et 269,31 euros pour les non boursiers). Si le prix de l’abonnement baisse en région de 0,46% en moyenne, certaines villes affichent tout de même des hausses importantes de tarifs comme Strasbourg (+24,51%), Bordeaux (+2,60%), Nancy (+2,38%), Orléans (+2,03%) et Lille (+2,02%).

À Paris, Rennes, Lyon et Lille, l’abonnement est même à plus de 300 euros, que l'étudiant soit boursier ou non. L’Unef appelle ainsi l’ensemble des villes universitaires à mettre en place un demi-tarif étudiant dans les transports en commun.

À noter par ailleurs que dix villes cumulent hausse des loyers dans le parc prix et augmentation des tarifs des transports en 2019. Il s’agit de Bordeaux (+8,35% cumulés), Mulhouse (+4,38%), Rennes (+3,59%), Nantes (+2,90%), Lille (+2,73%), Saint-Étienne (+2,36%), Besançon (+1,85%), Reims (+1,76%), Lyon (+1,30%) et Nancy (+1,86%).

Frais d’inscription

De leur côté, les frais d’inscription annuels à l'université sont en hausse de 0,28% sur un an (355 euros en 2019 contre 354 en 2018). Surtout, l’Unef pointe l’explosion de ces mêmes frais pour les étudiants étrangers (hors Union Européenne) en Licence et en Master. En effet, dans le cadre d’une réforme global appelée "Bienvenue en France, Choose France", ceux-ci passent de 170 à 2770 euros (+1529%) en Licence et de 243 euros à 3770 euros (+1451%) en Master. Certaines universités ont toutefois annoncé qu'elles ne les appliqueraient pas

Enfin, les frais de restauration augmentent cette année de 1,54%, "après quatre années consécutives de gel du prix du restaurant universitaire", note l’Unef. Les étudiants devront désormais compter 3,30 euros pour un repas, contre 3,25 euros l’an dernier. "Entre 2006 et 2019, le prix d’un repas au restaurant universitaire a augmenté de 20%", affirme le syndicat.

Paul Louis