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L'attractivité industrielle de la France a bondi auprès des étrangers

La capacité d'innovation et de recherche "reste l'atout majeur de l'attractivité de la France" pour 38% des dirigeants étrangers interrogés par CSA pour l'étude EY.

La capacité d'innovation et de recherche "reste l'atout majeur de l'attractivité de la France" pour 38% des dirigeants étrangers interrogés par CSA pour l'étude EY. - Joël Saget-AFP

L'attractivité industrielle de la France s'améliore auprès des entrepreneurs étrangers, selon l'enquête du cabinet EY, qui montre que 77% de ces investisseurs disent en 2018 avoir "confiance en l'avenir de l'industrie en France" même si le coût élevé du travail y reste un obstacle.

La France reste une pays de tradition industrielle qui attire les investisseurs étrangers. Leur opinion favorable a bondi, selon le baromètre du cabinet EY sur l'attractivité industrielle de l'Hexagone. Ils sont 77% à déclarer avoir confiance dans l'avenir de l'industrie en France, soit une hausse de 12 points par rapport aux 65% d'avis positifs des responsables d'entreprises étrangères implantées en France interrogés en 2017.

La capacité d'innovation et de recherche "reste l'atout majeur de l'attractivité de la France" pour 38% des dirigeants étrangers interrogés. Le "baromètre de l'attractivité" s'appuie sur l'enquête réalisée en janvier 2018 par le CSA auprès de 208 dirigeants chargés de décisions d'investissement international, représentatifs des investisseurs étrangers en France et en Europe.

Le coût du travail en France est un frein vu de l'étranger

"L'industrie est au centre de l'attractivité tricolore", affirment les auteurs de l'étude, qui notent que "l'Europe, et la France en particulier, continuent d'attirer les investissements industriels étrangers". La France est même "le pays qui attire le plus d'investissements industriels étrangers en Europe", ajoutent-ils. Cette situation dure depuis 2000, première année de publication du "baromètre EY de l'attractivité", selon l'étude.

Mais interrogés sur les réformes qui pourraient améliorer l'attractivité de la France, les décideurs internationaux estiment que le coût du travail reste un des grands obstacles. C'est le seul souhait de réforme qui augmente entre les enquêtes de 2017 et 2018, passant de 31% à 38% de réponses. La compétitivité fiscale reste classée première (43%), mais en baisse de 12 points, suivie par la simplification administrative (41%), là aussi en baisse de 5 points.

Les projets industriels sont moins créateurs d'emploi en France

Entre 2013 et 2017, les projets d'investissements industriels étrangers ont augmenté de 52% en France, contre 26% de hausse en Allemagne et 17% au Royaume-Uni.

Mais les projets industriels sont "moins créateurs d'emplois en France que chez la plupart de ses concurrents", relève l'étude. Celle-ci avance deux explications: d'une part "l'essentiel des projets en France sont des extensions de sites existants" et d'autre part, les investisseurs étrangers "sont, ou ont été, très prudents", notamment "face au coût du travail, à la législation sociale".

Selon l'étude de EY, le coût de la main-d'oeuvre dans l'industrie était plus faible en France qu'en Allemagne en 2018 (39,60 euros l'heure contre 41,04 euros l'heure). L'enquête fait d'autre part ressortir que la France a "de grands champions", mais que ses PME et ETI doivent encore "développer leur rayonnement mondial". La France ne compte que 120.000 entreprises exportatrices contre plus de 300.000 en Allemagne, relève EY.

F.Bergé avec AFP