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Budget 2022: le gouvernement prévoit d'engranger des recettes record sans augmenter les impôts

Comme promis par Bruno Le Maire, le projet de loi de finances ne prévoit aucune hausse d'impôts. Mais grâce à une croissance de 4% faisant suite à 6% en 2021, ses recettes vont atteindre un niveau sans précédent.

Pas de hausses d’impôts, mais des recettes fiscales qui augmentent pour atteindre le niveau record de 310,9 millards d'euros. Si le Budget 2022 présenté ce mercredi ne prévoit aucune nouvelle mesure pour renflouer les caisses de l’Etat, le gouvernement table sur une amélioration des finances publiques avec une baisse du déficit public à 4,8% de PIB.

Côté dépenses, l’exécutif rajoute 11 milliards d’euros dans l’enveloppe allouée aux ministères. Un montant qui ne tient pas compte de certaines mesures annoncées récemment par Emmanuel Macron ou Jean Castex (plan pour les indépendants, coup de pouce à MaPrimeRénov, Beauvau de la sécurité, transports publics, etc.). Aucune trace non plus du plan d’investissement de 30 milliards d’euros sur plusieurs années ou du revenu d’engagement pour les jeunes qui devrait coûter 2 milliards d’euros par an environ.

C’est d’ailleurs en raison de ce manque d’informations que le Haut Conseil des Finances publiques a déploré ce mercredi un budget "incomplet". Dans ces conditions, l’organisme rattaché à la Cour des comptes s’est dit incapable de confirmer la prévision de déficit public pour 2022.

Il y a quelques jours, la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a pour sa part accusé le gouvernement de "cramer la caisse". Un reproche également formulé par le président LR de la commission des Finances à l’Assemblée nationale, Eric Woerth, qui dénonce une "euphorie dépensière", ou par Xavier Bertrand, lequel a fustigé l’attitude "absolument irresponsable" de l’exécutif. A gauche, le député LFI, Alexis Corbière, a décrit "un président en campagne avec des moyens publics".

Des recettes nettes en hausse

Autant de critiques dont s’est défendu Bruno Le Maire ce mercredi. Le ministre de l’Economie a notamment expliqué que toutes les dépenses annoncées ces dernières semaines sont pour la plupart des redéploiements de crédits d’urgence non utilisés. Ce serait le cas des 600 millions d’euros consacrés au chèque énergie et des 300 millions pour l’apprentissage. D’autres mesures telles que le Beauvau de la sécurité ou le coup de pouce à MaPrimeRénov’ seront bien financées en 2022, a également affirmé le locataire de Bercy.

En parallèle, les recettes nettes devraient donc atteindre 310,9 milliards d’euros l’an prochain, soit 10 milliards de plus qu’en 2021, 40 milliards de plus qu’en 2020 et même 15 milliards de plus qu’en 2019, avant la crise sanitaire. Le tout uniquement grâce à une croissance dynamique estimée à 6% pour 2021 et à 4% l’année suivante.

Dans le détail en 2022, l’impôt sur le revenu devrait ainsi rapporter 82,4 milliards d’euros (+5 milliards par rapport à 2021), l’impôt sur les sociétés 39,5 milliards (+3 milliards) et la TVA destinée à l’Etat 97,5 milliards (+5 milliards). Ces recettes pourraient même être plus importantes qu’estimé, en particulier pour 2021. Et pour cause, le gouvernement a adopté une approche "prudente" dans ses prévisions de croissance, indique le Haut Conseil des Finances publiques. S’il table sur 6% d’augmentation du PIB en 2021, l’Insee prévoit plutôt 6,25, l’OCDE 6,3%, tout comme la Banque de France.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco