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2021 s'annonce comme la pire année depuis 1945 pour la production française de vin

A côté d'Auxerre, des vignerons protègent leurs vignes du gel à l'aide de bougies le 21 avril 2017

A côté d'Auxerre, des vignerons protègent leurs vignes du gel à l'aide de bougies le 21 avril 2017 - PHILIPPE DESMAZES

Selon le ministère de l'Agriculture, la production atteindra au mieux 35,6 millions d'hectolitres, soit moins qu'en 2017, pire année depuis la fin de la guerre. En cause, le gel printanier et l'humidité estivale favorisant les maladies de la vigne.

2021 s'annonce comme la pire année de l'histoire de la viticulture française. Selon les chiffres des services statistiques du ministère de l'Agriculture, la production de vin devrait chuter de 24 à 30% par rapport à 2020 pour atteindre un niveau "historiquement bas", en raison d'un sévère épisode de gel printanier, qui a aussi décimé la récolte de fruits, en particulier des abricots.

"Plus grande catastrophe agronomique de ce début de siècle"

Avec 32,6 à 35,6 millions d’hectolitres attendus, la production viticole 2021 devrait ainsi être inférieure à celle de 2017 (35,6 millions), année "concernée elle-aussi par un gel sévère au printemps", rappelle Agreste. Or 2017 était restée dans les mémoires comme la pire année, en terme de production, depuis 1945.

Il faut dire que, cette année, la quasi-totalité des bassins viticoles français ont été touchés par plusieurs nuits consécutives de gel dans la première quinzaine d'avril, alors que la vigne avait déjà commencé à bourgeonner en raison d'un hiver clément.

Le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, avait même parlé de la "plus grande catastrophe agronomique de ce début de siècle". Au final, ce sont les bourgeons des cépages les plus précoces, chardonnay ou merlot, qui ont été les plus affectés au contraire de cépages tardifs comme l'ugny blanc. "La Bourgogne, la Vallée du Rhône et le Centre ont été les zones les plus touchées" précise encore Agreste.

Et pour ne rien arranger, la récolte de vin devrait également être affectée par les maladies de la vigne. "Depuis le début de l'été, la conjonction de la forte pousse de la végétation et de la météo humide favorise l'émergence des maladie", assure le ministère de l'Agriculture, ajoutant que "Mildiou, oïdium et parfois black rot ou botrytis, selon les régions, sont présents y compris sur grappes en Champagne, Alsace Beaujolais, Val de Loire, Charentes et Sud-Ouest".

Un milliard d'euros d'aides

Dans la foulée de l'épisode de gel du printemps, le Premier ministre Jean Castex avait annoncé un total cumulé d'un milliard d'euros d'aides pour les arboriculteurs et les viticulteurs touchés. L'épisode a par ailleurs ravivé les discussions sur la refonte de l'assurance récolte, jugée de plus en plus urgente devant la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes.

Une réforme sera présentée "à la rentrée", a récemment indiqué le ministère de l'Agriculture. Les gelées d'avril avaient suivi une période de grande douceur ayant favorisé le bourgeonnement des cultures, et la question d'un éventuel lien avec le changement climatique s'était très vite posée. Pour les scientifiques du réseau international World Weather Attribution, cela ne fait guère de doute: la probabilité d'un gel tardif a été nettement renforcée par le changement climatique et le sera encore plus à l'avenir.

P.L. avec AFP