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Pour le chef d'état-major des armées, "on ne gagne pas une guerre sans effort de guerre"

Dans une tribune publiée ce mercredi par Les Echos, Pierre de Villiers demande que le budget de la défense soit augmenté pour atteindre 2% du PIB (contre 1,7% actuellement). C’est le prix, selon lui, d’une paix "qui ne va plus de soi".

Le chef d'état-major des armées (CEMA), le général Pierre de Villiers, plaide mercredi dans Les Echos pour un effort budgétaire accru en matière de défense, soulignant qu'"on ne gagne pas une guerre sans effort de guerre".

Au surlendemain de l'attentat au camion-bélier qui a fait 12 morts lundi soir à Berlin selon un bilan provisoire, le CEMA signe une tribune dans le quotidien économique où il demande "une hausse progressive du budget de la Défense" pour atteindre les 2% du PIB, contre 1,77% actuellement.

Daesh n'est pas la seule menace

Il s'agit de "rester capable d'assurer, dans la durée, la protection de la France et des Français face au spectre complet des menaces", écrit-il. "Nous devons prendre garde à ne pas nous laisser aveugler par la seule menace de Daesh", dit le général Pierre de Villiers qui pointe le retour des "Etats puissances" aux portes de l’Europe : "en Asie, au Proche et Moyen-Orient, écrit-il, de plus en plus d’Etats mettent en oeuvre des stratégies qui reposent sur le rapport de force, voire le fait accompli".

"Il faut comprendre que le moindre décalage de cohérence entre les menaces, les missions et les moyens s'apparente au grain de sable qui grippe le système et conduit à la défaite", ajoute le général de Villiers, pour qui "on ne gagne pas une guerre sans effort de guerre".

Saluant la fin de la "tendance baissière des trente-cinq dernières années", rendant hommage au "volontarisme" du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, le général estime que "désormais, pour les armées, cet effort doit se traduire par une hausse progressive du budget de la défense pour rejoindre la cible de 2% du PIB, avant la fin du prochain quinquennat".

"Le prix de la paix c'est l'effort de guerre"

L'effort demandé "ne pourra être ni allégé ni reporté, en dépit de la complexité de l'équation budgétaire étatique prévisionnelle", fait-il valoir en ajoutant en guise de conclusion: "le prix de la paix c'est l'effort de guerre".

Le projet de budget de la Défense pour 2017 s'élève à 32,7 milliards d'euros, à 1,77% du produit intérieur brut (PIB), ce qui marque une stabilité par rapport à 2016. La France s'est engagée à le porter à 2% du PIB d'ici 2025 dans le cadre de l'Otan.

Une telle mesure permettrait aux armées françaises de retrouver des capacités auxquelles elles avaient renoncé ces dernières années, précisément pour des raisons budgétaires : avions ravitailleurs, avions de transport, véhicules blindés... mais aussi mise au niveau de la force de dissuasion nucléaire.

N.G. avec AFP