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"Pas de changement de cap", assure Cazeneuve

Le ministre du Budget "assume de mener une politique pro-entreprise"

Le ministre du Budget "assume de mener une politique pro-entreprise" - -

Le ministre délégué au budget a nié dimanche 5 janvier tout tournant social-libéral de la part de François Hollande.

Il n'y a pas, de la part de François Hollande, de changement de cap ou de politique, a déclaré dimanche 5 janvier le ministre délégué au Budget Bernard Cazeneuve.

"Il ne s'agit pas d'un changement de cap, il ne s'agit pas d'une nouvelle politique, il ne s'agit pas d'un tournant, il s'agit d'un approfondissement et d'une accélération" de la politique conduite jusqu'à présent par le gouvernement, a dit Bernard Cazeneuve lors du grand jury RTL-LCI-Le Figaro.

"Je ne pense pas que pour être de gauche, il faille constamment déclarer la guerre au monde de l'entreprise, a ajouté le ministre du Budget. Je pense au contraire que notre devoir aujourd'hui, dans la situation dans laquelle est le pays, c'est de réconcilier le pays avec l'entreprise. J'assume parfaitement que nous menions une politique pro-entreprise".

Bernard Cazeneuve a également dit que le gouvernement entendait transférer une partie des cotisations familiales pour compenser la hausse des cotisations retraites, et a confirmé que son objectif était de réduire le taux des prélèvements obligatoires à 45,8% du PIB à l'horizon 2017, au lieu de 46,3% en 2013.

"Ca m'embêterai"

Son collègue François Lamy avait écarté auparavant l'idée d'un "tournant social-libéral". 

"Ce n'est pas un tournant social-libéral. Ça m'embêterait, mais ce n'est pas le cas", a assuré le ministre de la Ville sur Radio J. "Le président de la République est à la fois socialiste et pragmatique, c'est-à-dire qu'il adapte sa politique à la situation actuelle."

"Il y a des situations où on peut résoudre une crise économique par la relance de la demande. Il se trouve que lorsque nous sommes arrivés au pouvoir nous avons trouvé un appareil productif qui n'était absolument plus compétitif", a ajouté ce proche de Martine Aubry.

Reconstruire cet appareil productif passe par un soutien aux entreprises dans le cadre d'une politique de "donnant-donnant", a-t-il fait valoir. Comme Bernard Cazeneuve, il a soutenu qu'il s'agissait une "accélération" de la politique menée depuis 18 mois par le gouvernement.

"Tournant idéologique"

L'ancienne ministre socialiste de l'Ecologie, Delphine Batho, ne partage pas cet avis, et s'étonne dans le Journal du Dimanche que les déclarations du chef de l'Etat n'aient pas suscité plus de critiques à gauche. "Il s'agit d'une sorte de tournant idéologique", dit-elle. "Ces choix sont différents de ceux défendus pendant la campagne électorale [de 2012]. Il n'y a plus de projet de société, plus d'objectif de transformation."

J. H. avec Reuters