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"Nous sommes en train d’envoyer l’économie française en récession"

Nicolas Baverez ne voit pas la sortie de crise pour bientôt

Nicolas Baverez ne voit pas la sortie de crise pour bientôt - -

Invité au Grand Journal de BFM Business, l'économiste et historien Nicolas Baverez met en garde sur l'état de la France. Selon lui, le pays serait en voie d'implosion.

"Au tribunal de l’histoire, il n’y a pas plus d’immunité que d’impunité pour les nations qui s’installent dans le déni. La France est à la veille d’un effondrement majeur". Nicolas Baverez, économiste et historien, lance un véritable avertissement dans son nouveau livre Réveillez-vous !

Au Grand Journal d’Hedwige Chevrillon sur BFM Business, Nicolas Baverez dresse un constat: " nous avons un problème de chômage depuis trois décennies, le pire déficit commercial en Europe, un système industriel qui souffre énormément et une société qui se fissure. Pourtant, nous restons dans le déni".

D’après cet économiste, la France est le seul des grands pays industrialisés à ne pas avoir fait de coupes dans ses dépenses publiques. Pourtant une augmentation d’impôts a un effet plus récessif que la baisse des dépenses. Cela n’empêche pas le gouvernement d’avoir prévu de mettre "20 milliards d’euros de hausse d’impôts dont 10 milliards sur les entreprises. Nous sommes en train d’envoyer l’économie français en récession".

Pour lui, le premier pas à faire pour régler le problème de finances publiques est d’accepter de parler de compétitivité, de la production. Il faut fournir aux entreprises la possibilité d’investir et d’innover, il faut réconcilier les élites politiques et administratives et les entreprises.

Mais pour cela, il faudrait que la classe dirigeante accepte d’écouter, de discuter et de mettre en place une politique économique claire. Dans son livre, Nicolas Baverez fait un amer constat : " le choix des dirigeants français depuis trois décennies n’est pas seulement celui du déclin, il est celui du nihilisme, du mépris pour la politique et la démocratie. Ce qui explique aisément l’espace ouvert aux extrémistes et aux populistes".

Diane Lacaze