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Le déficit public a dérapé en 2013

Le déficit public a légèrement dérapé en 2013 affirme l'Insee

Le déficit public a légèrement dérapé en 2013 affirme l'Insee - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Le déficit public a atteint 4,3% du PIB l'an dernier selon le chiffre définitif de l'insee publié ce 31 mars. L'exécutif tablait sur 4,1%. Il doit transmettre dans les prochains jours ses nouvelles prévisions budgétaires à Bruxelles.

La nouvelle était attendue mais elle tombe au lendemain d'un second tour des Municipales calamiteux pour la majorité. Selon l'Insee, le déficit public 2013 de la France ( Etat, collectivités locales et sécurité sociale) a, en effet, atteint 4,3% du PIB. Le gouvernement tablait, lui, sur 4,1%.

Fin février, la Commission de Bruxelles dans ses prévisions pour tous les pays de l'Union avait avancé pour la France le chiffre de 4,2% pour 2013, 4% pour 2014 et 3,9% en 2015.

Toujours fin février, le gouvernement avait par la voix de son ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, confié que 7 milliards d'euros de crédits ont été gelés dans le budget 2014 pour rectifier le tir en cas de dérapage du défict.

Selon l'Insee, la dépense publique a atteint 57,1% du PIB l'an dernier (56,9% prévus par l'exécutif) et la dette publique représente désormais 93,5% de ce même PIB (93,4% prévus) contre 90,6% en 2012.

Réduction d'un point en deux ans

Quelques minutes après les chiffres de l'Insee, Bercy a publié un communiqué affirmant que "ce résultat est très proche des dernières prévisions du Gouvernement formulées lors de la présentation du projet de loi de finances rectificative en novembre dernier (4,1 %) et de celles de la Commission européenne en février (4,2 %)".

Pierre Moscovici et son collègue du Budget Bernard Cazeneuve ajoutent: " au total, le déficit public nominal a été réduit de près de 1 point de PIB en deux ans. Les mesures de rétablissement des comptes publics ont représenté un effort inédit de plus de 2,5 points de PIB, tandis que la conjoncture défavorable a pesé sur les rentrées fiscales à hauteur de plus 1,5 point de PIB. L’exécution des dépenses, conforme à la dernière prévision, prouve la capacité du Gouvernement à tenir les objectifs de maîtrise de la dépense fixés par le Parlement."

Rendez-vous avec Olli Rehn

Certes, la différence entre la prévision gouvernementale n'est que de 0,2%. Mais elle augure mal de la possibilité pour la France de revenir sous la barre des 3% de déficit en 2015, objectif avancé par Paris et "vendu" à Bruxelles.

Dans quelques jours, le gouvernement va d'ailleurs transmettre à la Commission sa nouvelle trajectoire de finances publiques jusqu'en 2017 ainsi que son plan d'économies budgétaires destinés entre autres à tenir l'objectif de déficit. 

Officiellement, il n'est pas question pour Paris de demander un nouveau délais d'un an pour revenir sous les 3%. Fin février, lors de la publication des prévisions de Bruxelles, Pierre Moscovici avait invoqué la conjoncture, et estimé que la prévision bruxelloise "est proche de notre cible de 4,1%".

Pour 2014, "je vais entamer une phase de dialogue pour bien identifier les sources éventuelles d'écart", avait-il ajouté. Il avait d'ailleurs déjà rencontré Olli Rehn,le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires. "Nous avons convenu de nous reparler rapidement", notamment pour évoquer les conséquences du chiffre final du déficit pour 2013".

S'il est encore à Bercy après le remaniement de ces prochaines heures, il retournera donc voir le commissaire européen en situation délicate.

Le titre de l'encadré ici

|||Les prévisions de déficit public du gouvernement:

> 4,1% en 2013
> 3,6% en 2014
> 2,8% en 2015

P.C