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Le classement des départements les mieux et les moins bien gérés

Les budgets départementaux ( ici le Conseil général de Haute-Garonne) représentent 32% des 220 milliards de dépenses locales.

Les budgets départementaux ( ici le Conseil général de Haute-Garonne) représentent 32% des 220 milliards de dépenses locales. - Eric Cabanis - AFP ; montage BFMBusiness

A trois semaines du 1er tour des élections départementales, BFMBusiness a passé au crible la gestion des conseils généraux sortants : impôts, investissements, dépenses de fonctionnement, endettement.... Retrouver ici les performances de vos élus départementaux.

La gauche va-t-elle subir une défaite cuisante aux élections départementales des 22 et 29 mars? C'est la question qui alimente les débats politiques. Mais il en est une autre au moins aussi importante : qu'ont fait vos élus départementaux des 80 milliards d'euros de budget annuel qu'ils doivent gérer ? Et qui sont les meilleurs élèves en matière de gestion locale au moment où l'Etat réduit drastiquement ses subventions ?

Pour tenter d'y répondre, BFMBusiness a passé au crible les budgets primitifs 2014 des départements publiés par le ministère de l'Intérieur, les derniers actuellement disponibles en totalité. Sept critères ont été retenus: dépenses de fonctionnement, de personnel, fiscalité, investissements, dépenses pour les collèges, pour les routes, et l'endettement, le tout ramené en euros par habitant.

Les dépenses d'aide sociale (RSA, allocation d'autonomie pour les personnes âgées..) qui représentent pourtant un poste important pour les départements n'ont pas été prises en compte en tant que tel : les conseils généraux n'ont en effet aucune liberté pour financer ces prestations décidées par l'Etat. 

Paris, qui est à la fois une commune et un département, n'a pas été pris en compte dans notre classement. En raison de la spécificité de leur situation. Il en va de même pour les départements d'outre-mer ainsi que Mayotte, le dernier des départements français. 

Au bout du compte, le Morbihan, l'Indre et les Landes montent sur les trois premières marches de notre podium. La Corrèze, L'Yonne et le Cher ferment le ban. En terme politique, les départements gérés par la droite s'en sortent légèrement mieux que ceux administrés par la gauche. 

Les départements loin d'être moribonds

Mais à quoi vont servir les conseillers départementaux élus fin mars? A peine nommé à Matignon, Manuel Valls avait annoncé une grande réforme territoriale dont l'un des axes majeurs était justement la suppression à terme des départements au profit de nouvelles grandes régions et des intercommunalités.

Mais depuis, de l'eau a coulé sous les ponts. Devant la bronca des élus départementaux, de gauche comme de droite, l'Elysée et Matignon ont décidé d'accorder un sursis aux départements. Ce que le Parlement devrait avaliser dans les prochaines semaines lors du vote définitif du projet de loi de nouvelle organisation territoriale. 

Même si les conseils généraux vont perdre quelques compétences, comme les routes et le développement économique sauf pour les départements ruraux, ils devraient finalement conserver la gestion des collèges que lorgnaient les régions déjà en charge des lycées. Ils ont aussi obtenu de pouvoir continuer à financer les activités liées au tourisme, à la culture et au sport. Et naturellement, ils resteront les seuls en charge des dépenses sociales de solidarités (RSA, vieillesse, handicapés...). Pas si mal pour des collectivités censées disparaître ! 

En revanche, si des départements veulent fusionner entre eux, ils pourront le faire. Mais pour l'heure, les candidats déclarés ne se bousculent pas au portillon...

> Dépenses de fonctionnement: les Yvelines les plus économes

Chiffres en euros par habitant. Les dépenses de fonctionnement regroupent à la fois les charges de personnel, les dépenses sociales et celles de gestion courante. 

> Dépenses d'investissement: la Lozère se distingue

En euros par habitant. Ces dépenses concernent en grande partie les routes et les collèges. Les départements ruraux gérant un réseau routier étendu doivent dépenser proportionnellement davantage que d'autres.

> Charges de personnel: Yvelines et Moselle se serrent la ceinture

En euros par habitant. Les fonctionnaires départementaux sont principalement affectés à l'entretien des routes et à l'aide sociale. Ce qui explique que certains départements ruraux à la population âgés dépensent beaucoup. 

> Impôts locaux: Haute Corse et Creuse les moins gourmands

En euros par habitant. Les principaux impôts locaux prélevés par les départements sont la taxe foncière sur le bâti, à la charge des propriétaires, et la Contribution à la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), qui a remplacé en partie la taxe professionnelle. 

> Dépenses pour les collèges: la Seine-Saint-Denis investit beaucoup

En euros par habitant. Les départements gèrent les collèges depuis 1983. Un département jeune comme la Seine-Saint Denis dépense logiquement beaucoup pour accueillir cette population. Les chiffres ne sont pas significatifs pour la Corse en raison d'une répartition de compétence particulière. 

> Dépenses de voirie: la Corse du Sud fait la route en tête

En euros par habitant. Les départements ruraux et de montagne doivent faire face à des charges proportionnellement plus lourdes que des zones urbaines comme le Rhône où les villes gèrent une partie de la voirie. 

> Stock de dette: L'Indre et l'Ariège sortent du lot

En euros par habitant. Il s'agit là du stock de dette pour emprunt au 1er janvier 2014. La situation financière des départements est très contrastée mais la hausse de l'endettement est quasi-générale. 

Patrick Coquidé et Olivier Laffargue