BFM Business

Ayrault face au mur de la réforme fiscale

Jean-Marc Ayrault va recevoir les partenaires sociaux les 25 et 26 novembre

Jean-Marc Ayrault va recevoir les partenaires sociaux les 25 et 26 novembre - -

Le Premier ministre reçoit les partenaires sociaux ces 25 et 26 novembre pour évoquer son grand chantier de "la remise à plat de la fiscalité". Problème pour Jean-Marc Ayrault: personne n'est d'accord sur les réformes à engager.

Jean-Marc Ayrault a réussi son coup en annonçant lundi dernier "la remise à plat de la fiscalité" dans une interview aux Echos. Mais va-t-il transformer l'essai cette semaine avec sa consultation des partenaires sociaux avant celle des parlementaires?

Les premiers sont en effet invités à venir, lundi 25 et mardi 26 novembre, présenter au Premier ministre leurs revendications en matière de prélèvements. "Ensuite, il y aura la discussion avec les présidents, les groupes parlementaires de la majorité et de l'opposition", a expliqué, mercredi 20 novembre, le chef du gouvernement.

Fusion CSG-IR ou baisse des charges sociales?

Première difficulté pour lui: ses interlocuteurs ne vont pas défendre les mêmes réformes. Les syndicats vont plaider pour un allègement du poids de l'impôt sur le revenu et une baisse de la TVA quand le patronat réclamera moins de charges sociales sur les entreprises et la stabilité fiscale. Car derrière la remise à plat de la fiscalité se profile la réforme du financement de la protection sociale promise par l'exécutif depuis des mois.

De son côté, le PS veut la fusion CSG-impôt sur le revenu quand la priorité de l'UMP est une baisse des prélèvements obligatoires gagés sur des baisses de dépenses publiques.

Problème de calendrier

Autre problème pour Jean-Marc Ayrault: le calendrier. son objectif est d'intégrer les premières mesures dans le budget 2015, c'est à dire qu'elles devront être discutées au parlement dès l'automne 2014. Matignon prévoit donc de rendre publique une "feuille de route" précise avec la mise en place d'un comité de pilotage de la réforme supervisé par le Premier ministre. Autant dire que Jean-Marc Ayrault souhaite aller vite pour tenter de garder la main.

Mais le 20 novembre, à l'issue du sommet franco-italien à Rome, François Hollande a, lui aussi, précisé le calendrier comme s'il ne voulait pas laisser à son Premier ministre actuel le bénéfice de l'opération. Il a jugé "très utile" de "réunir dès la semaine prochaine" ces "forces de proposition". Mais il a averti que cette remise à plat s'inscrirait dans la durée. "Il y a là un engagement (..) qui prendra le temps nécessaire, c'est-à-dire le temps du quinquennat", a-t-il déclaré.

Patrick Coquidé