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Fillon renonce à taxer l'assurance-vie à 30%

François Fillon a finalement décide de ne pas toucher au régime de l'assurance-vie

François Fillon a finalement décide de ne pas toucher au régime de l'assurance-vie - Martin Bureau - AFP

Lundi, le candidat de la droite et du centre à la présidentielle a indiqué que l'assurance-vie ne serait pas concernée par sa mesure qui prévoit l'instauration d'un taux de prélèvement unique sur les revenus du capital de 30%.

Face à la levée de boucliers, François Fillon revoit sa copie. Dans son interview aux Échos du lundi 14 mars, le candidat de la droite et du centre a rappelé vouloir instaurer un prélèvement forfaitaire libératoire unique à 30% pour les revenus du capital. Ce qui signifie que les intérêts, dividendes, ou encore les plus-values mobilières et immobilières seraient taxées à 30% et non plus intégrés dans le calcul de l'impôt sur le revenu, comme c'est le cas depuis l'élection de François Hollande.

Mais le député de Paris précise bien que "le régime de l'assurance-vie et du livret A ne changeront pas". S'il paraissait évident que le livret A n'allait pas être concerné par le taux unique de 30% (les intérêts du livret A étant de toute façon totalement défiscalisés), il n'en allait pas de même pour l'assurance-vie.

Une pluie de critiques

D'ailleurs dans un entretien aux Échos du 6 octobre 2016, François Fillon reconnaissait même qu'avec son prélèvement forfaitaire de 30%, le régime de l'assurance-vie deviendrait "un peu moins attractif". En effet, actuellement, les intérêts perçus sur les contrats d'assurance-vie ne sont taxés qu'à 23% (7,5% + 15,5% de prélèvement sociaux) si les retraits sont effectués après que le contrat ait été détenu depuis huit années. Soit moins que le taux de 30% qui n'inciterait par ailleurs plus les épargnants à sanctuariser leurs économies pendant huit ans.

De nombreuses critiques sont apparues contre cette mesure qui est également proposée par Emmanuel Macron. La semaine dernière, plusieurs membres de la Fédération Française de l'Assurance sont montés au créneau, comme le rapportait l'Agefi. "Pour que l’épargne soit utile à l’économie, il faut cette motivation de long terme qui ne viendrait pas spontanément", déplorait par exemple Pierre de Villeneuve, vice-président de la FFA et président exécutif de BNP Paribas Cardif.

L'Afer, la plus grande association française d'épargnants avait, elle, appelé François Fillon et Emmanuel Macron à faire machine arrière, dénonçant des mesures qui "alourdissent le fardeau fiscal qui pèse sur les épargnants".

Si François Fillon a donc rectifié le tir, les lignes n'ont pas bougé du côté d'Emmanuel Macron.Aux Échos, le leader d'En Marche! avait toutefois précisé en février que le taux de 30% ne s'appliquerait qu'aux intérêts perçus sur les nouveaux contrats et versements.

Julien Marion