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Environnement: 93 parlementaires défendent les vols domestiques

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- - STEPHANE DE SAKUTIN;

Une centaine de parlementaires de divers bords politiques défendent dans une tribune les vols domestiques qu'ils considèrent comme « une nécessité vitale » pour certains territoires « éloignés des métropoles ».

Ils sont 93, 93 parlementaires de tous bords à défendre les vols domestiques dans une tribune au Journal du Dimanche. « Ne jetons pas l'anathème » sur ce mode de transport, écrivent-ils.

« Certains de nos territoires sont en effet victimes d'un enclavement qui handicape leur développement. Les lignes aériennes interrégionales, en particulier celles qui les relient à Paris, sont souvent le seul moyen de leur éviter un isolement mortifère, faute de dessertes routières et ferroviaires adaptées à notre époque », écrivent les élus de gauche, de droite, du centre et de la majorité.

Ils s'insurgent contre des initiatives de députés de gauche et LREM qui avaient tenté en vain de faire adopter des mesures visant à taxer le transport aérien lors de l'examen du projet de loi sur les mobilités. Un projet approuvé cette semaine par l'Assemblée nationale en première lecture et auparavant approuvé par le Sénat. Le texte doit faire l'objet courant juillet d'une tentative de conciliation entre les deux chambres en vue d'adopter une version commune.

« Honte de prendre l'avion, amendement à la loi d'orientation des mobilités prévoyant d'augmenter la taxe sur le kérosène et le taux de TVA sur les billets d'avion, proposition de loi visant à interdire les vols domestiques lorsqu'il est possible de prendre le train avec un temps supplémentaire de deux heures et demie ou moins... Ces dernières semaines, nous assistons, interloqués, à une multiplication des attaques contre l'avion », affirment ainsi les parlementaires.

« Qu'il n'y ait pas de méprise, nous ne sommes les représentants d'aucun lobby. Nous avons conscience de l'importance de changer nos modes de transport et de consommation pour lutter contre le réchauffement climatique... mais privilégions l'écologie incitative plutôt que punitive », poursuivent-ils.

Ces députés et sénateurs proposent donc des solutions, suggérant plutôt d'aider le secteur aérien à adopter une stratégie bas carbone en développant la recherche sur l'hydrogène et le biokérosène. « C'est précisément à ces fins qu'une mission d'information parlementaire sur le transport aérien et l'aménagement des territoires a été lancée en mai dernier », soulignent-ils.

L'assemblée nationale avait rejeté la semaine dernière une série d'amendements au projet de loi d'orientation des mobilités, notamment la taxation sur le kérosène pour les vols nationaux. L'assemblée avait également rejeté un amendement PS suggérant l'application sur les billets d'une taxe d'empreinte carbone aérienne, en cas d'alternative ferroviaire comparable à l'avion sur tel ou tel trajet.

Autre amendement écarté: l'interdiction des vols intérieurs qui ne font pas économiser plus de deux heures trente par rapport à un même trajet en train ou dont les destinations sont accessibles en moins de cinq heures de train.

Le gouvernement doit remettre un rapport au 1er octobre sur la fiscalité dans l'aérien. Un rapport qui permettra « d'éclairer le Parlement qui a l'objectif, comme le gouvernement, de faire contribuer le transport aérien davantage à la réduction des émissions de gaz à effet de serre », avait affirmé la semaine dernière la ministre des Transports Elisabeth Borne.

Sandrine Serais