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Enchères 5G: pour Agnès Pannier-Runacher, la France n'a pas intérêt à "prendre du retard"

Sur BFM Business, la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances n'est "pas totalement convaincue" par le report des enchères de la 5G demandé par le patron du groupe Bouygues. Elle plaide en faveur d'un maintien du calendrier afin de favoriser la reprise d'activité au sein des entreprises.

La 5G peut-elle permettre aux entreprises de sortir plus vite de la crise? Alors que certains opérateurs à l'instar de Bouygues Telecom réclament de procéder par étape et de reporter les enchères de la 5G de quelques mois pour pouvoir d'abord achever le déploiement de la 4G plus "prioritaire" selon l'opérateur, Agnès Pannier-Runacher estime, à l'inverse, que la France a tout intérêt à s'y atteler rapidement.

Dans Good Morning Business ce mardi, la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances justifie sa position en évoquant ce qu'il se passe dans d'autres pays et régions du monde.

"Compétitivité additionnelle"

"Je suis très vigilante sur ce qu'il se passe à l'étranger et j'observe que la 5G, ça a été un élément assez important de la Chine pour lutter contre le Covid. (…) J'observe également qu'un certain nombre de pays. Que ce soit aux Etats-Unis, que ce soit en Asie, jusqu'en Nouvelle-Zélande ont accéléré leur déploiement de la 5G parce qu'ils pensent que c'est un élément de réponse à la crise et notamment pour soutenir les entreprises et leur donner de la compétitivité additionnelle", détaille Agnès Pannier-Runacher.

"Faisons attention à ne pas prendre du retard et à ne pas se retrouver dans la situation que l'on a déjà vécue plusieurs fois en France où on veut être plus intelligent que tout le monde et à la fin, on est surtout en retard sur le reste de la compétition", poursuit la secrétaire d'État qui se dit "pas totalement convaincue" par les arguments avancés par Bouygues Telecom.

Initialement prévues le 21 avril, les enchères pour départager entre les opérateurs français une partie des bandes de fréquence nécessaires au lancement de la 5G ont été reportées à fin juillet ou septembre par l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep).

Les opérateurs divisés sur la question

Fin avril sur BFM Business, le patron de l'opérateur Orange, Stéphane Richard, avait lui affiché sa préférence pour une organisation des enchères en septembre ou octobre.

En revanche, le directeur général du groupe Iliad, maison mère de l'opérateur Free, avait plaidé le 12 mai pour que l'attribution des fréquences 5G en France, se déroule "au plus tôt".

Julie Cohen-Heurton