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Draghi: la BCE est "prête à ajuster davantage la position" de sa politique

Le discours de Mario Draghi avait pour thème "le chômage en zone euro"

Le discours de Mario Draghi avait pour thème "le chômage en zone euro" - Daniel Roland - AFP

Dans un discours prononcé vendredi 22 août à Jackson Hole, le président de la Banque centrale européenne a affiché sa confiance quant à l'efficacité des mesures que l'institution avait annoncées en juin. Il a laissé la porte ouverte à une action plus musclée.

Mario Draghi garde le cap. Ce vendredi 22 août, le président de la Banque centrale européenne (BCE) a prononcé un discours au symposium de Jackson Hole, grand rendez-vous des banquiers centraux.

S'exprimant quelques heures après la présidente de la Fed, Janet Yellen, le patron de la BCE est intervenue sur l'emploi. Le thème de son intervention était, en effet, "le chômage en zone euro", selon le texte de son discours publié sur le site de l'institution monétaire.

Après avoir analysé les causes du chômage, Mario Draghi a abordé l'action de la BCE et notamment l'ensemble des mesures annoncées en juin dernier. Il a ainsi affiché sa "confiance" quant à leur effet sur la demande. 

Mario Draghi est revenu sur l'une d'entre elles: les TLTRO, ces prêts exceptionnels de long terme qui seront accordés fin de l'année aux banques sous condition que celles-ci prennent des engagements sur le crédit. Il a affirmé que le dispositif avait "jusqu'ici suscité un important intérêt de la part des banques".

La faiblesse de l'inflation

Mario Draghi a également ouvert la porte à une action plus vigoureuse de la part de son institution. "Nous sommes prêts à ajuster davantage la position de notre politique", a-t-il déclaré.

Il a notamment affirmé que "le conseil des gouverneurs [de la BCE, ndlr], pourrait utiliser des instruments non conventionnel pour préserver l'ancrage solide des anticipations d'inflation à moyen et long terme".

La BCE avait dévoilé début juin une batterie de mesures, dont une baisse de son principal taux directeur à un niveau historiquement bas de 0,15%. Le but de cette offensive est de soutenir la demande de crédit et riposter, face à la faiblesse de l'inflation qui, en juillet dernier, a atteint 0,4%, chiffre très éloigné des 2% que vise la BCE.

L'institution monétaire n'a plus qu'une seule arme en réserve: des rachats directs de dette sur les marchés, comme l'ont fait, avant elle, d'autres banques centrales comme la Fed ou encore la Banque d'Angleterre. Mais cet instrument risque d'être limité par le mandat de la BCE qui lui interdit de financer directement les Etats-membres.

Julien Marion