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Dette grecque: Sapin prêt à discuter, pas à annuler

Michel sapin rencontre ce dimanche le nouveau ministre de l'économie grec

Michel sapin rencontre ce dimanche le nouveau ministre de l'économie grec - Emmanuel Dunand AFP

Le ministre des finances français, qui rencontre son homologue grec ce dimanche 1er février, se dit ouvert à "un allégement ou un report".

Le ministre des Finances français Michel Sapin a répété dimanche 1er février sa position sur la dette grecque, se disant ouvert à des discussions, mais excluant une annulation, à quelques heures d'une rencontre avec son homologue grec.

"On peut discuter, on peut reporter, on peut alléger mais on n'annule pas", a déclaré Michel Sapin dans l'émission de Canal+ Le Supplément, alors que le nouveau gouvernement grec veut négocier avec ses créanciers pour alléger le fardeau de sa dette. "Cela me paraît légitime" de vouloir négocier, a ajouté M. Sapin.

Tournée européenne

Le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis est en France et doit rencontrer M. Sapin aux alentours de 16h, ainsi que le ministre de l'Economie Emmanuel Macron. Il se rendra ensuite à Londres et Rome, mais n'a jusqu'ici pas prévu de passer par Berlin, la capitale la plus intransigeante face à Athènes.

"La France menacée de déflation"

Les premiers échanges avec ses partenaires européens ont été tendus. Le programme d'austérité mené en Grèce est "très mauvais pour toute l'Europe", a affirmé M. Varoufakis dans un entretien publié dimanche à l'hebdomadaire grec To Vima. "N'oublions pas que tout ceci n'est pas qu'une crise grecque. Nous avons l'Italie dont la dette n'est pas viable, la France qui sent le souffle de la déflation sur sa nuque, même l'Allemagne est entrée en déflation", dans une phase de baisse des prix, a déclaré le ministre.

La Grèce supporte une dette publique de 315 milliards d'euros, soit l'équivalent d'environ 170% de son Produit intérieur brut (PIB). C'est en faisant campagne notamment sur une renégociation de cette dette que Syriza, le parti de gauche radicale du nouveau Premier ministre Alexis Tsipras, a remporté les élections législatives dimanche dernier.

"La Grèce doit respecter ses engagements", selon Valls

La France doit aider la Grèce "à respecter ses engagements" et "encourager" sa volonté de "rester dans l'euro", a déclaré dimanche 1er février le Premier ministre, Manuel Valls, devant des militants socialistes réunis à la Mutualité à Paris.

"C'est (...) le rôle de la France que d'encourager la volonté du peuple grec de rester dans l'euro et de l'aider souverainement, mais en même temps, dans le cadre d'une communauté, à respecter ses engagements, dans le cadre de nos règles communes", a souligné le Premier ministre.

"Il faut saluer, respecter et comprendre le choix du peuple grec. Il a été laminé par la crise économique et la violence de l'austérité qu'on lui a imposée. Il a décidé souverainement de porter la gauche aux responsabilités", a relevé Manuel Valls.

"Chacun comprend que les politiques punitives d'austérité ne peuvent plus être, ne peuvent pas être un projet pour l'Union. Il faut continuer et convaincre que nos thèses, nos propositions, celles défendues par François Hollande, sont indispensables pour que l'Europe" sorte d'un "niveau de croissance trop faible et (d')un chômage dramatiquement trop élevé" comme aujourd'hui, "pour que l'Europe retrouve son souffle", a-t-il affirmé.

"L'Europe, a-t-il insisté, doit retrouver un projet politique, un projet citoyen, un projet humain."

J. H. avec AFP