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Déficit: Moscovici ne trouve pas d'excuse à la France

Pierre Moscovici estime qu'aucune "circonstance exceptionnelle" touchant la zone euro n'existe actuellement.

Pierre Moscovici estime qu'aucune "circonstance exceptionnelle" touchant la zone euro n'existe actuellement. - Fabrice Coffrini - AFP

Selon la Commission européenne, les objectifs budgétaires de Paris ne seront pas tenus. Dans ses prévisions d'automne publiées à la mi-journée, elle voit surtout le déficit français s'aggraver.

Bruxelles ne croit pas au scénario proposé par la France. Selon la Commission européenne, les objectifs budgétaires de Paris ne seront pas tenus. Dans ses nouvelles prévisions d'automne publiées ce 4 novembre, elle voit surtout le déficit français s'aggraver.

Les prévisions d'automne de la Commission européenne montrent que quatre pays de la zone euro dérapent franchement en 2014: le Portugal, l'Espagne, la Slovénie et la France, avec 4,4% de déficit.

L'an prochain, il n'y en aura plus que deux qui seront hors des clous, l'Espagne et la France (4,5% de déficit. Enfin en 2016, un seul pays n'aura toujours pas rectifié sa trajectoire budgétaire, avec 4,7% de déficit.

Sans circonstance exceptionnelle pas de flexibilité de Bruxelles

En somme tout le monde va dans le bon sens sauf la France. Quand bien même elle se trouve des excuses, celles-ci n'ont pas convaincu Pierre Moscovici, le nouveau commissaire européen en charge des comptes publics

"Pour ce qui est des circonstances exceptionnelles, elles n'ont pas été considérées comme existant pour l'ensemble de la zone euro. C'est d'ailleurs à ce niveau qu'elles doivent être appréciées. Une réponse, me semble-t-il claire, a été apportée à cette question", a estimé l'ex-ministre de l'Economie et des Finances.

Le 12 novembre, la Commission européenne livrera en effet ses prévisions détaillées sur le budget de chaque pays, dont celui de la France pour 2015. Les règles européennes prévoient de la flexibilité en cas de circonstances économiques exceptionnelles, mais justement, il n'y en a pas selon Pierre Moscovici.

La position de Bercy, de réclamer un nouveau délai pour réduire le déficit français, risque donc d'être totalement intenable.

Yann-Anthony Noghès et BFMBusiness.com