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Comment certaines entreprises allemandes profitent de leur implantation en France

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La France intègre le top 5 des pays les plus attractifs, malgré les «gilets jaunes». De nombreuses ETI et PME allemandes se sont implantées avec succès en France. Dans un récent ouvrage publié outre-Rhin, treize d'entre elles témoignent de comment elles ont tiré profit de cette implantation.

La France n’a pas forcément la meilleure réputation auprès des décideurs allemands. Gouvernance étatique, syndicat rebelles, couts de productions et impôts élevés …la liste des clichés est longue

« Il faut démystifier la France »

Mais voilà un ouvrage qui va tordre le coup à certains clichés et autres idées reçues. « Le Mittelstand allemand en France. Quand l’économie fait de la politique » (Springer Gabler) compile des rapports de deux consultants, Dorothée Kohler et Jean-Daniel Weisz, qui sont allés enquêter auprès de 13 PME et ETI allemandes implantées en France. L’étude a été financée par la Banque publique d’investissement, mais les témoignages des chefs d'entreprise interrogés n’en sont pas moins précieux et enrichissants. « Il faut démystifier la France ». Voilà la conclusion du patron de B-Braun, Marc-Alexander Burmeister. « Au début, vous pensez que tout va être différent, et en fait les différences ne s'élèvent pas à plus de 5% ».

La France attractive

Toutes les entreprises interrogées font l'éloge de la qualité des ingénieurs et des développeurs français, des infrastructures, et du CIR, le crédit-impôt-recherche. Elles ne s'implantent pas en France seulement pour servir le marché français, mais aussi pour exporter les produits qu'elles ont inventés et développés dans l'hexagone.

La France, poursuivent-elles, est aussi « attractive pour son meilleur rapport qualité/coûts et respect des délais ». Le pays est également entrain de moderniser ses usines, les entreprises allemandes des secteurs des machines-outils ou de la logistique en profitent pour davantage s’automatiser. Les filiales françaises sont également un lieu de réflexion et d’innovation. « Nos employés en France sont des avant-gardistes (...) donnez leur un peu d’espace et de liberté et ils foisonnent d'idées » témoigne Adolf Walth, du Groupe Messer.

Effet « Gilets Jaunes » limité

Pour l’ex patron du groupe Mea AF, l’impact du mouvement des « Gilets jaunes » devrait être limité et les images véhiculées par les médias sont trompeuses. Patrice Pélissier a au contraire une excellente expérience du dialogue social en France, « sauf peut-être une nuit où j'ai été enfermé », reconnait-il. Mais la situation avait dégénéré et les syndicats avaient été débordés, à cause d’un « directeur général incompétent » sur le site, analyse-t-il après coup.

Certes, certains patrons regrettent parfois cette manie bien française de vouloir improviser ou de remettre en cause les décisions déjà prises ou celle de donner son avis sur un sujet pour lequel on n'a aucune compétence, mais elles reconnaissent finalement, que ces différences peuvent être aussi « très vivifiantes ».

Dorothée Kohler et Jean-Daniel Weisz : « Le Mittelstand allemand en France. Quand l'économie fait de la politique. Springer Gabler, Wiesbaden, 2019, 230 pages.