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Charlie Hebdo: l'hommage de Jean-Marc Daniel à Bernard Maris

L'historien de l'économie Jean-Marc Daniel a rendu un hommage poignant à Bernard Maris, "économiste citoyen" mort dans l'attentat de Charlie Hebdo.

L'historien de l'économie Jean-Marc Daniel a rendu un hommage poignant à Bernard Maris, "économiste citoyen" mort dans l'attentat de Charlie Hebdo. - BFM Business

Parmi les douze victimes de l'attentat de Charlie Hebdo figure l'économiste Bernard Maris, à qui Jean-Marc Daniel, chroniqueur sur BFM Business, rendait hommage ce 8 janvier.

Professeur d'économie, membre du conseil général de la Banque de France, actionnaire et contributeur de Charlie Hebdo, il y signait ses chroniques sous le pseudonyme "Oncle Bernard". Bernard Maris a trouvé la mort mercredi 7 janvier dans l'attentat intervenu dans les locaux de l'hebdomadaire satirique. Jean-Marc Daniel, historien de l'économie et chroniqueur sur BFM Business, rend hommage à cet économiste de 68 ans que toute la profession connaissait.

Il y a trois types d'économistes en France. Premier type: les mathématiciens / polytechniciens / normaliens, qui se réclament de l'école de Toulouse. Deuxième type: une branche plus universitaire, plus axée sur l'histoire et la politique. Et troisième type: ceux qui construisent la réalité économique, les énarques et les commissaires des finances.

Un économiste qui se voulait citoyen

Bernard Maris se flattait d'être dans la deuxième catégorie, celle des gens qui ont une vision globale de l'économie, qui dépasse les formalismes pour en faire ce qu'il appelait un message citoyen. Il avait d'ailleurs consacré à Keynes, dont il était un fervent admirateur, une biographie intitulée "Keynes, ou l'économiste citoyen".

Il avait aussi écrit un manuel d'anti-économie qui était en réalité un appel à la modestie pour les économistes, dans lequel il les appelait à ne pas s'illusionner sur la nature de leur savoir.

"Un homme avec du fond"

Son surnom, "Oncle Bernard", était une référence à "Oncle Paul", personnage de Spirou qui expliquait de façon très didactique, très simple et très parlante la réalité de l'histoire aux lecteurs du journal.

En 2010, il avait écrit un article à propos de ce qui avait marqué le début du XXe siècle. Il mentionnait premièrement la crise financière, qui remettait en cause toute la pensée économique, et les attentats du 11 septembre, qui allaient ébranler toute la réalité politique.

Evidemment, dans ces moments-là, on pare les gens de toutes les qualités. Mais c'était réellement un homme d'une très grande finesse intellectuelle, et humainement très attachant. J'ai eu l'occasion de débattre avec lui plusieurs fois, cela a toujours été très correct et très argumenté. C'était quelqu'un qui avait du fond, et une forme de gouaille très digne de la Gascogne et du sud-ouest dont il était originaire. 

N.G.