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Au Royaume-Uni, Boris Johnson ne peut obtenir qu'une "victoire à la Pyrrhus" selon Dominique Moïsi

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Le conseiller spécial à l’Institut Montaigne Dominique Moïsi estime que, quel que soit le résultat des élections législatives britanniques, "les Anglais n'en ont pas terminé avec le Brexit".

Le scrutin d'une génération, titre la presse outre-Manche. Ce jeudi, les Britanniques sont invités à choisir leur nouveau Premier ministre. Boris Johnson sera-t-il confirmé? Ou bien le travailliste Jeremy Corbyn prendra-t-il la main? Une chose est sûre, la campagne électorale a été terne. "Il y a une crise de la démocratie représentative et, peut-être au-delà, une sortie de crise d'identité britannique" commente jeudi sur le plateau de l'émission "12H, l'Heure H" sur BFM Business Dominique Moïsi, conseiller spécial à l’Institut Montaigne.

Il faut dire que les ennuis ne se termineront pas tout de suite pour les Britanniques, même s'ils choisissent Boris Johnson et son Brexit. "C'est une victoire à la Pyrrhus s'il gagne ce soir et les Anglais n'en ont pas terminé avec le Brexit. Il y a trois années au minium de négociations confuses, ardues" rappelle le politologue.

Le risque écossais

D'autant plus qu'une autre question va, de nouveau émerger: l'indépendance de l'Ecosse. De la science-fiction? "Pas tant que ça" prévient Dominique Moïsi. "David Cameron, lorsqu'il a pris le risque de lancer l'idée d'un référendum pour sauver l'unité du parti conservateur (en 2013, NDLR), ne s'est pas rendu compte que ce qui était en en jeu, c'était l'unité de la Grande-Bretagne, la survie du Royaume-Uni. (…) Les vrais vainqueurs, ce soir, ce sont peut-être les Ecossais" et notamment le parti indépendantiste écossais qui, lui, "devrait faire le plein en Ecosse".

Un scénario catastrophe pour le royaume mais aussi pour l'Union européenne qui n'a aucune envie de voir une région autonome devenir indépendante, au risque de provoquer une contagion en Catalogne, par exemple.

Thomas Leroy