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Assurance chômage: Macron provoque un tollé à gauche

Emmanuel Macron a ravivé la polémique concernant la réforme de l'assurance-chômage.

Emmanuel Macron a ravivé la polémique concernant la réforme de l'assurance-chômage. - Fred Dufour - AFP

Le ministre de l’Economie, qui a indiqué dimanche vouloir réformer l’assurance chômage, s’est attiré les foudres d’une partie de la majorité.

Si Emmanuel Macron voulait sonder sa majorité à propos de l’assurance chômage, il a été servi. En déclarant dans le JDD qu’il ne devait "pas avoir ni tabou ni posture" concernant le montant et la durée des allocations, le ministre de l’Economie a en tout cas considérablement animé le conseil national du PS, qui se déroulait ce dimanche.

La première estocade a été portée par le Premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis, qui a sèchement répondu aux propos du patron de Bercy. "La gauche n'a pas de tabous mais elle a quelques totems, en particulier le fait que quand le président de la République s'exprime, les ministres appliquent ", a-t-il ainsi déclaré, en référence à l’intervention de François Hollande, mardi à Milan.

Touraine prudente, Royal parle de "maladresse"

Le président français avait voulu désamorcer la polémique en indiquant qu’il y avait "suffisamment de sujets pour que nous soyons bien occupés et que nous montrions que nous faisons des réformes utiles à l'emploi".

Marisol Touraine, elle, s’est montré prudente vis-à-vis des déclarations d’Emmanuel Macron. "Aucun sujet n'est tabou mais il faut savoir prendre le temps de la réflexion et associer les acteurs qui sont directement concernés", a-t-elle déclaré sur BFMTV.

Ségolène Royal, elle, a évoqué "une petite maladresse de vocabulaire" de la part se son collègue de Bercy. "L'assurance chômage est un acquis social et ce n'est pas en période de crise qu'il faut toucher à un acquis comme celui-ci", a ajouté la ministre de l'Ecologie sur France Inter.

Claude Bartolone, le président de l’Assemblée nationale, a quant à lui appelé "tout le monde au calme", tout en disant se méfier des "annonces fantasmes". Sur le plateau de BFMTV, l'élu de Seine Saint-Denis a toutefois reconnu une "phrase mal ajustée" du ministre de l'Economie.

L'aile gauche du PS furieuse

Au sein de l’aile gauche de la majorité, les réactions ont été plus virulentes. C'est une nouvelle provocation, ou une nouvelle boulette ou un nouveau couac. Et c'est regrettable", a tancé Emmanuel Maurel, de "Maintenant la gauche". "Il y a mieux à faire que de pointer du doigt la responsabilité individuelle des chômeurs", a pour sa part lancé le député frondeur Laurent Baumel. L’examen du Budget 2015, qui débutera mardi à l’Assemblée, promet donc d’être animé.

Mélenchon s'en prend au "banquier" Macron

Sans surprise, Jean-Luc Mélenchon a vivement critiqué la sortie d’Emmanuel Macron. "Regardez comme ces gens sont ignobles!", a déclaré le leader du Parti de gauche sur France 3. "C'est un gouvernement de gauche en principe. Ils parlent de tabou, mais ce n'est pas un tabou, M. le banquier, c'est un acquis social!".

Yann Duvert avec agences