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19 mai 1974 : élection de VGE,« Macron avant Macron »

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Le VGE de 1974 rappelle fortement l’Emmanuel Macron de 2017.

Il y 45 ans, le 19 mai 1974, Valéry Giscard d’Estaing –dit VGE- est élu pour sept ans président de la République, face à François Mitterrand, avec un score de 50,81% de voix. Jeune -il a 48 ans-, inspecteur des finances, s’affichant résolument en rupture avec les pratiques politiques précédentes dominées par le duo théorisé par André Malraux que constituent les communistes et les gaullistes, défendant l’idée de « majorité d’idées » plutôt que de « majorité de droite ou majorité de gauche », le VGE de 1974 rappelle fortement l’Emmanuel Macron de 2017.

Sur le plan économique néanmoins, les choses sont plutôt différentes. Trois éléments marquent en effet les années « Giscard ».

Le plus spectaculaire reste probablement les chocs pétroliers : le prix du pétrole flambe à partir d’octobre 1973, ce prix passant cette année-là de 3$ à 10 $. En 1974, au moment de l’élection de VGE, tous les experts s’accordent pour affirmer que, pour la première fois depuis 1945, la production mondiale va se contracter. De fait, la production mondiale par habitant recule de 0,3% en 1975. En France, compte tenu de l’inflation, le PIB en valeur augmente en 1975 de 12,5%. Mais il se contracte en volume de 1%, alors que la croissance en volume avait été de 6,3% en 1973 et 4,5% en 1974. La reprise qui suit se heurte à un nouveau choc pétrolier. Entre mi 1978 et fin 1981, le prix du pétrole est en effet multiplié par 2,7.

Le deuxième est la prudence budgétaire. Quand VGE quitte le pouvoir, la dette publique représente 21% du PIB. Les finances publiques sont en excédent en 1980, grâce à la Sécurité sociale car le budget de l’Etat est en léger déficit. Pour parvenir à ce maintien de l’équilibre des finances publiques, le gouvernement a sensiblement augmenté les prélèvements obligatoires. Leur taux qui était de 33,6% lors de l’élection de Valery Giscard d’Estaing est de 40,1% en 1980. La Sécurité sociale dont le poids passe pendant cette période de 13% du PIB à 17,4% explique l’essentiel de cette augmentation. Le moins que l’on puisse dire est que de ce côté-là, Macron n’imite pas VGE….même s’il a fortement augmenté la CSG.

Le troisième est la montée du chômage. De moins de 1 million de demandeurs d’emplois en 1974, on passe à 2 millions à la fin su septennat ; un chômage dont les autorités sont obligées d’admettre que sa composante structurelle est de plus en plus lourde. 45 ans après, si Macron se heurte à un chômage structurel aggravé, on doit espérer que la situation n’empirera pas d’ici la fin de son mandat.