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Des franchisés Darty assignent le groupe Fnac Darty pour son attitude pendant le confinement

Pour l'électroménager, Darty a choisi de maintenir les réparations du service après-vente.

Pour l'électroménager, Darty a choisi de maintenir les réparations du service après-vente. - Philippe Huguen- AFP

Ils estiment avoir été lésés car ils ont dû cesser leur activité. Leur franchiseur a suspendu leur approvisionnement lors du confinement, alors qu'ils auraient pu continuer les ventes via du "click and collect".

Une centaine de franchisés Darty assignent en justice Fnac Darty pour les avoir, selon eux, empêchés de poursuivre leur activité pendant le confinement via notamment un service de "click and collect", a-t-on appris jeudi auprès de leur représentant, ce que le groupe conteste.

Le "groupement des franchisés Darty", qui représente 85% des adhérents de l'enseigne, demande 12,7 millions d'euros de dommages et intérêts, soit "l'ensemble du manque à gagner" pendant la période, a expliqué à l'AFP leur président, Frédéric Loquin, confirmant une information du magazine l'Officiel de la Franchise.

Le site Darty a continué les livraisons

Dès l'annonce le 15 mars par le gouvernement de la fermeture des commerces "non essentiels" destinée à endiguer la pandémie de Covid-19, les franchisés du réseau Darty ont été contraints de cesser toute activité par leur franchiseur, qui a suspendu leur approvisionnement, et ce alors qu'ils auraient pu continuer à prendre des commandes via du "click and collect", estiment-ils dans leur assignation, dont l'AFP a eu connaissance.

Pendant ce temps, le site "Darty.com a continué à livrer sur toute la France sans aucune restriction et les deux 'shop-in-shop' (magasins dans le magasin, ndlr) Darty installés dans deux hypermarchés Carrefour ont poursuivi leur activité", a souligné Frédéric Loquin.

L'audience fixée au 10 septembre

Enfin, les franchisés déplorent ne pas avoir bénéficié de délais de paiement après avoir vu leur trésorerie fortement diminuée par les deux mois de fermeture, et ce alors même que Fnac Darty a obtenu un prêt de 500 millions d'euros, dont 70% garantis par l'Etat.

"Gravement lésés" par cette politique "aussi délibérée que déloyale", ils réclament donc l'indemnisation du préjudice subi.

L'audience se tiendra le 10 septembre devant le tribunal de commerce de Paris.

"Pour nous, c'est une affaire de deux poids deux mesures, il n'y pas eu d'équité de traitement entre ceux qui ont pu continuer à travailler et les autres", ajoute Frédéric Loquin, qui se dit cependant "ouvert à toute négociation" avec son franchiseur.

Contacté par l'AFP, Benoît Jaubert, directeur exploitation de Fnac Darty, a rétorqué que le groupe "n'avait jamais empêché (ses) franchisés de travailler: que ce soit très clair".

"Les franchisés ont eu la possibilité pendant le confinement de faire du 'click and collect', ils ont d'ailleurs été les premiers à en faire, et certains ont même ouvert avant le 11 mai", a-t-il souligné.
C.C. avec AFP