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Dans l'ombre des hôtels et restaurants, les fournisseurs crient à l'aide

Les grossistes tirent la langue

Les grossistes tirent la langue - AFP

Totalement dépendants des entreprises fermées, les grossistes et autres fournisseurs ne disposent pas des mêmes aides que les cafés, hôtels et restaurants.

Grossistes en boissons et autres fournisseurs de l'hôtellerie restauration, des "métiers de l'ombre" ravagés eux aussi par la pandémie de Covid-19, veulent bénéficier des mêmes aides que les cafés, restaurants et hôtels, car leurs pertes sont de même ampleur et l'horizon reste sombre.

Anne St Léger a repris en 2017 Serfi, une PME basée à Nice qui depuis 30 ans, fournit aux hôtels l'équipement (mobilier, literie, salles de bain...) et l'ingénierie technique pour les rénovations. L'entreprise familiale emploie 50 salariés, compte 3.500 clients et réalise 10 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel.

"Nous étions en très forte croissance: nous allions faire 13 millions d'euros en 2020, mais nous n'avons travaillé que deux mois et demi. Ca me désole: on est cassés dans notre développement", explique-t-elle à l'AFP. "Nous sommes les entreprises de l'ombre: nos clients sont fermés, ont zéro visibilité, n'investissent pas dans des équipements, cela nous met complètement à l'arrêt".

Or ces fournisseurs, "très fortement dépendants des hôtels, cafés, restaurants" et tout aussi pénalisés par les périodes de confinement et de couvre-feu, ne bénéficient pas du même soutien de l'État et sont aujourd'hui "en danger" avec un premier semestre 2021 qui s'annonce sombre.

Une annonce imminente

Si un hôtel qui perd 70% de son chiffre d'affaires peut toucher du fonds de solidarité 20% de son chiffre d'affaires mensuel jusqu'à 200.000 euros, son fournisseur n'aura droit qu'à "10.000 euros au maximum, alors qu'il peut dépendre à 98% de l'hôtellerie et réaliser plusieurs millions ou dizaines de millions de chiffre d'affaires. C'est un non-sens", estime-t-elle.

Le fonds de solidarité va être élargi pour bénéficier notamment aux commerces de gros de boissons ou alimentaires, aux viticulteurs ou encore aux résidences de tourisme, a indiqué mardi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, promettant une annonce imminente.

Et il devrait être renforcé pour compenser les charges fixes des plus grandes structures, comme les holdings, les groupes familiaux de restaurants, jusqu'à 3 millions d'euros sur un an - contre 800.000 euros maximum par versements mensuels de 200.000 euros aujourd'hui.

T.L avec AFP