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Covid-19: 430 discothèques ont déjà fermé définitivement, selon un syndicat

Discothèque fermée en raison du Covid-19 à Sète, le 24 novembre 2020

Discothèque fermée en raison du Covid-19 à Sète, le 24 novembre 2020 - Pascal GUYOT / AFP

Patrick Malvaës, président du Syndicat national des discothèques et lieux de loisirs, évoque un "monde englouti" mais se dit toutefois favorable à la fermeture des boîtes de nuit en raison des risques sanitaires.

"Un tiers des boîtes de nuit françaises ne rouvriront pas après la crise." Dans une interview accordée à franceinfo ce dimanche, le président du Syndicat national des discothèques et lieux de loisirs dresse un bilan encore provisoire de l'impact de la crise sanitaire sur le milieu de la nuit. D'après les derniers chiffres en sa possession, 430 établissements ont déjà mis la clé sous la porte, qu'il s'agisse de fermetures volontaires (un peu plus de 200) ou judiciaires (200 environ).

Fermées depuis le mois de mars, sans n'avoir jamais pu rouvrir depuis, les 1500 discothèques françaises bénéficient des aides du gouvernement, avec un fonds de soutien dédié. "Un effet d'aubaine qui a incité certains (patrons) à ne pas déposer tout de suite le bilan", explique Patrick Malvaës qui estime que la barre des 600 établissements qui resteront définitivement fermés sera franchie "très rapidement".

"Beaucoup attendent la fin des aides, de voir comment ça tourne", confie-t-il mais "les factures commencent à tomber, à s'alourdir sacrément". "Et puis, vous avez un deuxième gros problème, c'est qu'il n'y a pas de salaire pour les dirigeants", ajoute-t-il, évoquant un "monde englouti".

Reconvertir les discothèques en centres de vaccination?

Malgré le drame économique et social qui se profile dans le milieu de la nuit, Patrick Malvaës reconnaît toutefois le bien-fondé de la fermeture des discothèques en raison des risques sanitaires que leur ouverture pourrait faire courir à leurs clients.

"Je suis parfaitement conscient qu'il y a un risque sanitaire majeur, que les mesures actuellement proposées, même par le biais de protocoles sanitaires, sont des mesures insuffisantes et inopérantes", déclare-t-il.

Interrogé sur les alternatives pour les propriétaires de discothèques, Patrick Malvaës évoque la transformation temporaire des établissements en centres de vaccination.

"La seule reconversion qui serait possible, et je ne fais pas de l'humour, ce serait de nous transformer en centre de vaccination, et ça, on y est tout à fait prêt, mais il faudrait encore qu'on nous sollicite. On le ferait tous avec grand plaisir!", assure-t-il.
Mélanie Rostagnat Journaliste BFMTV