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Coronavirus: le gouvernement propose un fonds de soutien pour sauver les discothèques

Une discothèque  (Photo d'illustration)

Une discothèque (Photo d'illustration) - Ina FASSBENDER / AFP

Le gouvernement a proposé un fonds de soutien visant à couvrir dans la durée les charges fixes des professionnels à hauteur de 15.000 euros par mois pendant trois mois.

Voilà des semaines que les acteurs du monde de la nuit dont les établissements sont fermés depuis le mois de mars appellent le gouvernement à l’aide. Ils devraient cette fois être entendus.

A l’issue d’une nouvelle réunion avec les représentants du secteur, le ministre délégué chargé des Petites et Moyennes Entreprises, Alain Griset, a proposé "un dispositif exceptionnel pour éviter les risques de fermeture" des boîtes de nuit "au-delà du 10 septembre".

Il s’agit concrètement de la création d’un fonds de soutien visant à couvrir les charges fixes des professionnels du monde de la nuit à hauteur de 45.000 euros. Ainsi, les loyers, factures d'eau et d'électricité et autres frais seront pris en charge à hauteur de 15.000 euros par mois maximum, pendant trois mois, au lieu de 5000 euros initialement prévus dans les dispositifs d'aides aux entreprises menacées de faillite.

"Ce plafond couvre les charges d'environ 85% à 90% des établissements du monde de la nuit", a précisé Alain Griset à la presse. Le ministère évalue le coût total de la mesure à 50 millions d'euros pour 1600 entreprises concernées.

Accès aux fonds de solidarité

A partir du 10 septembre, les établissements du monde de la nuit bénéficieront de dérogations pour avoir accès aux aides du fonds de solidarité aux entreprises, mis en place pour faire face à la crise économique causée par le Covid-19. Les critères de chiffre d'affaires, de nombre de salariés, de perte de revenus ne s'appliqueront plus aux entreprises de ce secteur afin "de ne pas avoir de risque de fermetures d'entreprises", a précisé Alain Griset.

Les discothèques sont pour l’heure contraintes de restées fermées au moins jusqu’au 1er septembre. Aucune date de réouverture officielle n’a cependant été fixée puisqu’elle dépendra de la situation sanitaire.

" On est sous perfusion "

Les représentants du secteur, le Groupement national des indépendants hôtellerie et restauration (GNI-HCR), l'association française des exploitants de discothèques et dancings (AFEDD), l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) et le Syndicat national des discothèques et lieux de loisirs (SNDLL) ont salué la prise en compte des difficultés de leurs entreprises.

"La réunion était intéressante, avec des prises de décision très rapides qui vont nous permettre de tenir quelques semaines supplémentaires avec cette crise", a déclaré Michaël Fox, du GNI. Mais le SNDLL note que "le contenu des échanges ne répond pas à toutes nos demandes", notamment la réouverture tant attendue des établissements.

"Aujourd'hui, on est sous perfusion mais ce n'est pas avec des aides que nous allons nous en sortir, il faut absolument qu'on puisse rencontrer le ministre de la Santé pour savoir comment rouvrir le plus vite possible", a plaidé Michaël Fox.

Le 12 juillet, lors d'une manifestation aux côtés de quelque 200 professionnels du secteur à Paris, Matthieu Lebrun, le porte-parole des gérants de discothèques de Normandie, avait estimé que "la moitié des clubs (allaient) disparaître", soit environ 800 discothèques, si une réouverture n'était décrétée qu'en septembre.

Céline Moncel avec Paul Louis