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Coronavirus: comment ont évolué les revenus et les dépenses pendant le confinement

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- - Joel Saget -AFP

Selon les chiffres de l'application de gestion de budget Bankin, la perte de revenus des ménages gagnants entre 900 et 3300 euros est comprise entre 5,6 et 13,7%. Dans le même temps leurs dépenses ont chuté entre 22,4 et 29,3%.

55 milliards d’euros. C’est le montant de l’épargne que les Français auront accumulé après huit semaines de confinement, selon l’OFCE. Dit autrement, la baisse des revenus des ménages pendant cette période est moindre que le recul des dépenses effectuées. Une analyse confirmée par une étude de Bankin, application de gestion de son budget, relayée par Capital ce vendredi. 

En analysant les données réelles anonymisées de plus de 450.000 utilisateurs du 19 janvier au 17 avril inclus, le coach budgétaire a constaté une baisse des revenus significative des travailleurs indépendants et salariés placés au chômage partiel en raison de la baisse d’activité. Précisons avant toute chose que les utilisateurs de Bankin sont plutôt jeunes: 40% ont entre 25 et 35 ans et 25% plus de 45 ans.

Ainsi, les utilisateurs touchant entre 900 et 1700 euros ont enregistré une chute de 13,7% de leurs revenus entre le 17 mars et le 7 avril par rapport à la période comprise entre le 18 février et le 10 mars. Une baisse semblable (-13,4%) est observée pour les revenus compris entre 1700 et 2500 euros. En revanche, elle est moindre pour ceux compris entre 2500 et 3300 euros (-5,6%).

Baisse des dépenses plus importante

Dans le même temps, Bankin a analysé l’évolution des dépenses dont la baisse semble compenser la perte de revenus sur la même période. Les achats des utilisateurs gagnants entre 900 et 1700 euros ont en effet diminué de 29%. Même chose pour ceux touchant entre 1700 et 2500 euros (-29,3%). Ceux des personnes dont les revenus sont compris entre 2500 et 3300 euros ont pour leur part reculé de 22,4%.

"Notre premier constat, c’est que les provisions ont été faites pour se préparer au confinement. Nous avons en effet remarqué un très net pic des dépenses en supermarchés et en épiceries le 16 mars, suite à l’allocution présidentielle", explique Bankin.

Second constat: les Français se sont déplacés avant le confinement avec un "augmentation relative" des dépenses de péage les 16 et 17 mars. En revanche, les dépenses de carburant ont chuté dès le 15 mars et ont continué leur plongeon depuis, ce qui signifie que "les mesures de confinement sont respectées". 

Des secteurs plus affaiblis que d'autres

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les dépenses en ligne auprès des acteurs du e-commerce ont elles aussi reculé "à l’exception de l’enseigne Ali Express pour qui le volume des transaction a nettement augmenté", précise Bankin. Fin mars, la Fevad, fédération du secteur, indiquait que 76% des sites de ventes interrogés disaient avoir enregistré un recul de leurs ventes depuis le début du confinement. Et pour la moitié d’entre eux, la baisse est supérieure à 50%. Seuls 18% affirmaient voir leur ventes progresser. Signe que le shopping a été mis en pause au profit des besoins de premières nécessité, à savoir l’hygiène et l’alimentaire. 

Sans surprise, les réservations d’hôtels, de trains et de billets d’avion ont également chuté depuis la mi-mars. Il y a quelques jours, l’association internationale du transport aérien affirmait que les compagnies avaient déjà enregistré 314 milliards de dollars de pertes cumulées (280 milliards d'euros environ).

A l’inverse, l’application a observé une forte augmentation des dépenses en divertissement. En témoignent les chiffres du cabinet Superdata qui relevait une hausse de 11% du chiffre d’affaires des jeux vidéo en mars 2020 par rapport à mars 2019 avec des dépenses ayant atteint 9,26 milliards d’euros dans le monde. Une autre étude du panéliste NPD relayait de son côté une croissance de 83% des ventes de jeux de société en France entre le 16 et le 22 mars, par rapport à la même semaine un an auparavant. 

Paul Louis