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Vin de Bordeaux: la récolte 2013 inquiète

La récolte inquiète dans le Bordelais

La récolte inquiète dans le Bordelais - -

La récolte du millésime 2013 devrait être la plus faible depuis 1991, selon les premières estimations. La chute de la production risque d'entrainer une tension sur les prix et un risque de pertes de marchés.

Le milieu du vin bordelais est très inquiet. La faible récolte du millésime 2013 devrait être la plus faible depuis 1991,

Selon les premières estimations, les déclarations de vendange s'opérant entre le 25 novembre et le 10 décembre, la récolte 2013 se situerait aux alentours des 4 millions d'hectolitres, près d'1,5 million de moins que la moyenne des 20 dernières années. Excepté 2008 où elle avait atteint 4,8 Mhl, il faut remonter à 1991, avec 2,6 Mhl, pour voir une récolte descendre sous les cinq Mhl.

Cette faible récolte est due au printemps pluvieux durant la floraison du cépage Merlot, le plus répandu dans le Bordelais, ayant occasionné un petit nombre de grains sur les grappes. Des orages de grêle pendant l'été ont aggravé les choses pour les exploitations de 120 communes

Tensions sur les prix

"La demande du négoce étant soutenue alors que les disponibilités sont faibles, il va y avoir une tension sur les vins d'entrée de gamme vendus dans l'année en vrac sur la place bordelaise", soit près de 50% de la production sur les 112.600 hectares des 60 appellations du Bordelais, explique à l'AFP le président de la Fédération des négociants en vin de Bordeaux, Allan Sichel.

"Cela va être une année très compliquée à la fois pour la viticulture et le négoce", estime aussi le président du syndicat des courtiers de la Gironde et du Sud-Ouest, Xavier Coumau.

Déjà, "sur les premières estimations de prix sur les (millésimes) 2012, où on a pris 20% de hausse", a indiqué Xavier Coumau. Dès le mois d'août, des négociants ont effectué "des achats de précaution" en anticipant la faible récolte de 2013, et les viticulteurs ont gardé des lots "sachant qu'ils allaient manquer de vin", précise-t-il.

Le président du syndicat des courtiers craint également que le démarrage de la campagne 2013 se fasse "autour de 25% de hausse" lorsque la vente au tonneau avait démarré à 950 euros alors qu'aujourd'hui "on semble démarrer à 1.200 euros le tonneau".

A Bordeaux, trois segments de marché se côtoient: les Bordeaux en vrac vendus dans l'année, les vins de château vieillis en fûts, mis sur le marché deux ans après la récolte, et les grands crus qui représentent de 3 à 5% du volume total.

Diane Lacaze