BFM Business

Teva boucle le plus gros rachat jamais opéré par une société israélienne

Les locaux de TEVA à Jérusalem.

Les locaux de TEVA à Jérusalem. - AFP - Menahem Kahana

Le laboratoire spécialisé dans les médicaments génériques vient de finaliser l’acquisition d’Actavis Generics, la branche génériques d’Allergan, pour plusieurs dizaines de milliards de dollars.

40 milliards de dollars: c'est la somme que vient de dépenser le numéro un mondial des médicaments génériques, l'israélien Teva, pour finaliser l'acquisition de la branche génériques d'Allergan, l'un de ses principaux concurrents. Un mégarachat qui doit conforter ses grandes ambitions. Cette mainmise sur Actavis Generics représente l'acquisition la plus importante jamais opérée par une compagnie israélienne. 

Teva Pharmaceuticals avoir parachevé l'opération, après avoir reçu la semaine dernière un ultime feu vert au rachat, aux États-Unis: celui de la Commission fédérale de la concurrence (FTC). Elle renforce l'avance de Teva dans le secteur mais lui permet aussi de prendre place parmi les dix poids lourds mondiaux de la pharmacie, selon la compagnie elle-même.

19,6 milliards de dollars

Cette opération s'inscrit dans le projet plus vaste de devenir "l'une des entreprises les plus compétitives et les plus intégrées de cette industrie", a dit à l'AFP son patron Erez Vigodman.

Teva revendique 250 millions de clients au quotidien dans le monde. Après l'acquisation de la branche génériques de l'américain Allergan, "un médicament sur six prescrits aux États-Unis sera un médicament Teva, un sur six au Royaume-Uni et un sur huit en Allemagne", a-t-il précisé. La transaction permettra à Teva une économie nette de 1,4 milliard de dollars sur les trois prochaines années.

Teva affichait un chiffre d'affaires de 19,6 milliards de dollars en 2015 et compte atteindre au moins 26,7 milliards d'ici à 2019. Le groupe coté à la Bourse de New York entend se diversifier en dehors des génériques grâce à des acquisitions effectuées par exemple au Mexique ou au Japon, a dit Erez Vigodman. Il a évoqué les domaines de la lutte contre les migraines et les problèmes respiratoires.

"Avec le temps, l'industrie pharmaceutique va évoluer et ne plus seulement se concentrer sur les produits (les médicaments), mais aussi sur les besoins non satisfaits des patients, sur la prévision, la prévention, en résumé sur la volonté de rester en bonne santé", a dit Erez Vigodman.

+10% sur les prix des médicaments sur odonnance

Alors que le coût de la santé fait partie du débat de la campagne présidentielle américaine, il dément que Teva soit plus à même à présent de faire grimper les prix des médicaments.

Selon Truveris, compagnie américaine spécialisée dans l'évolution des prix du secteur, les prix des médicaments sur ordonnance ont augmenté de plus de 10% aux États-Unis en 2015; les génériques eux-mêmes ont augmenté de presque 3%. Cette année-là, Martin Shkreli, patron de la compagnie pharmaceutique Turing, s'est retrouvé désigné à la vindicte publique aux Etats-Unis quand le prix d'un médicament est abruptement passé de 13,5 à 750 dollars.

L'acquisition finalisée "n'a pas pour but d'augmenter les prix", a dit Erez Vigodman, mais de faire pièce à des "sources d'inefficacité, des surcapacités, des doublons dans l'industrie globale du générique". Au contraire, l'acquisition pourrait permettre de baisser les prix, a-t-il assuré."En moyenne, les (prix des) génériques ont diminué de 50% au cours des sept dernières années", a-t-il souligné.

L'acquisition de la branche génériques d'Allergan représente un revirement de fortune pour Teva, que beaucoup d'experts considéraient comme mal armée face aux changements du secteur. La compagnie avait été confrontée aux rumeurs de rachat après la démission de son patron en 2013.

A.R. avec AFP