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Pharmacie: une fondation vole au secours de Mylan pour bloquer l'israélien Teva

Siège de Mylan à Canonsburg, en Pennsylvanie (Etats-Unis), en juillet 2014.

Siège de Mylan à Canonsburg, en Pennsylvanie (Etats-Unis), en juillet 2014. - Jeff Swensen - Getty Images North America - AFP

Une fondation néerlandaise est montée au capital du groupe pharmaceutique américain Mylan, spécialiste des médicaments génériques, pour empêcher son rachat par l'israélien Teva.

Le groupe pharmaceutique Mylan ne deviendra pas israélien cette fois-ci. Une fondation néerlandaise, liée au spécialiste américain des médicaments génériques Mylan, a exercé son droit d'option en montant au capital de la société afin de bloquer les avances de son grand rival israélien Teva, a-t-elle indiqué jeudi.

La "Fondation actions préférentielles Mylan" a exercé son droit d'option car les intérêts de Mylan et des parties prenantes "sont en danger suite à l'incertitude et aux menaces associées avec une possible OPA sur Mylan par Teva", a indiqué la fondation dans un communiqué.

Mylan, qui fabrique l'EpiPen, un traitement d'urgence des allergies provoquées par des aliments, des morsures ou des piqûres d'insectes, est coté à Wall Street mais son siège est aux Pays-Bas pour des raisons fiscales et sa direction au Royaume-Uni.

Il rejette depuis avril une offre de fusion de 40,1 milliards de dollars mise sur la table par Teva et lui préfère un rapprochement avec le spécialiste des médicaments en libre accès (OTC) Perrigo pour qui il propose 35,6 milliards de dollars.

"Mylan et Teva ont des approches profondément différentes"

Cette "pilule empoisonnée" est de nature temporaire: la fondation ne compte pas garder les actions, et le droit de vote associé, "plus longtemps que nécessaire". "Mylan et Teva, bien que tous les deux des grands acteurs à succès du marché des produits génériques, ont des approches profondément différentes en matière de culture, de modèle financier et de compensations pour les dirigeants de l'entreprise", a affirmé la fondation dans son communiqué.

Avec ce droit d'option, la fondation dispose de 50% des droits de vote au sein de la société. Les fondations de ce type sont légion aux Pays-Bas, où celle liée à l'opérateur de télécoms KPN avait ainsi bloqué avec succès l'OPA hostile d'America Movil. Indépendantes, elles sont dirigées par un conseil de directeurs.

V.R. avec AFP