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Sushi, pané, frit... Allez-vous bientôt manger du poisson sans poisson?

Alléchés par le succès mondial des "steaks" et "saucisses" à base de végétaux, une vingtaine d’entreprises de l’agroalimentaire se sont mises à fabriquer des aliments censés avoir le goût du poisson, mais totalement végétaliens.

Au salon du poisson de Brême en Allemagne, qui s’est achevé mardi, les industriels présents ont fait des infidélités à la pêche. Sur les stands, on pouvait par exemple trouver des bâtonnets de poissons et du poisson frit… sans aucun poisson dedans, rapportait le Bild cette semaine.

Aucun nouveau scandale alimentaire ici: ces "poissons sans poisson" sont sciemment fabriqués par les entreprises agroalimentaires qui, à l’instar du secteur de la viande, pensent l’avenir de leur industrie avec des produits végétaliens. Un moyen de séduire des consommateurs de plus en plus sensibles aux questions d’environnement et de surpêche, et qui réduisent petit à petit leur apport en protéines animales.

Ainsi Frosta, un groupe agroalimentaire allemand, a présenté des gâteaux de poisson et du poisson frit aux légumes, composés uniquement de légumes. Un substitut de poisson à base notamment de haricots et de chou-fleur, et enrichi d’huile de lin pour rester, comme le vrai poisson, une source d’oméga 3. À en croire les journalistes allemands qui ont goûté ces produits, ils n’ont pas vraiment le goût du poisson. Mais pas moins, d’après eux, que les vrais bâtonnets de colin.

Et les Allemands ne sont pas les seuls à se pencher sur le "faux poisson". Aux États-Unis, la Californienne New Wave Foods vend désormais des aliments qui ont la forme, la texture et le goût des crevettes, mais uniquement composés d’algues. Une autre, Ocean Hugger Foods, basée à Atlanta, fabrique du thon et de l’anguille à partir de fruits et légumes comme de la tomate et de l’aubergine. 

De son côté Good Catch conçoit son thon à base de légumes secs. Enfin sur notre continent, Quorn, start-up britannique, fait des bâtonnets de poissons panés à partir de champignons.

Sur ce marché naissant que se dispute une vingtaine d’acteurs, le poisson sans poisson ne rencontre pas encore le succès des viandes sans viandes. Un marché mondial qui pèserait déjà 800 millions de dollars aux États-Unis selon le Good Food Institute. Mais les industriels du secteur rêvent, à terme, d’une success story à la Beyond Meat, dont les steaks végétaux ont conquis les chaines de fast-food et de distribution du monde entier.

Nina Godart