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Starbucks : un actionnaire anti-mariage gay poussé à sortir du capital

Le PDG de Starbucks, Howard Schultz, à l’occasion de l’assemblée générale annuelle de mars 2011.

Le PDG de Starbucks, Howard Schultz, à l’occasion de l’assemblée générale annuelle de mars 2011. - -

Lors de l’Assemblée générale du groupe le 20 mars, le patron a essuyé des critiques sur le soutien public de l’entreprise au mariage gay. Il a enjoint celui qui les formulait à vendre ses titres Starbucks.

Le PDG de la chaîne de café Starbucks n’aime pas qu’on remette en cause ses choix, qu’ils relèvent ou non d'une stratégie économique. A un actionnaire qui critiquait le soutien de l’entreprise au mariage gay, Howard Schultz a rétorqué "vous pouvez vendre vos parts" mercredi 20 mars.

Ce jour-là se tenait l’assemblée générale de Starbucks à Seattle. Tom Strobhar, un porteur de titres de l’entreprise, profite de l’occasion pour dénoncer l'impact sur les ventes de l’appel à voter "Oui" au referendum sur l’union homosexuelle dans l’Etat de Washington en 2012.

A cette époque, l’Organisation nationale pour le mariage, qui s’oppose à celui de deux personnes du même sexe, avait appelé au boycott du distributeur de cafés. Ce qui a eu pour conséquence, selon Tom Strobhar, de rendre les ventes et bénéfices du premier trimestre 2013 "un peu décevantes, pour parler poliment".

"Toute décision n'est pas économique"

Face à celui qui, selon le Huffington Post, a fondé le Centre d’action morale contre le mariage gay, Howard Schultz ne s’est pas laissé démonter. "Toute décision n’est pas qu’économique", a-t-il assumé. "Nous employons plus de 20.000 personnes, et nous voulons promouvoir la diversité, de toute sorte", a martelé le patron de Starbucks.

Il a reproché à l’actionnaire dissident de "réciter des statistiques qui ne concernent qu’un court laps de temps". Starbucks a augmenté ses rendements de 38% en 2012, a rappelé le patron du groupe. "Je ne sais pas où et combien vous investissez ailleurs, a-t-il continué, mais je présume que peu d’autres entreprises, produits ou investissements ont gagné 38% sur les douze derniers mois".

Et d’enfoncer le clou : "si vous pensez que vous pouvez obtenir un rendement supérieur à 38% ailleurs, vous pouvez vendre vos actions Starbucks et acheter celles d’une autre société". Des propos accueillis par un tonnerre d’applaudissements des autres participants à la réunion annuelle du groupe.

Nina Godart