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Sanofi et Lonza s'associent pour fabriquer des biomédicaments 

Le groupe pharmaceutique français Sanofi et son homologue Suisse Lonza vont bâtir une usine commune de médicaments biologiques en Suisse. (image d'illustration)

Le groupe pharmaceutique français Sanofi et son homologue Suisse Lonza vont bâtir une usine commune de médicaments biologiques en Suisse. (image d'illustration) - Éric Piermont - AFP

Dans le cadre d'un "partenariat stratégique" Sanofi et Lonza vont investir 270 millions d'euros pour bâtir en Suisse une usine commune dédiée aux médicaments biologiques.

Le groupe pharmaceutique français Sanofi et son homologue suisse Lonza ont décidé de créer ensemble une usine dédiée à la production d'anticorps monoclonaux. Cette unité de production sera installée en Suisse, à proximité d'un site existant de Lonza à Visp (Viège), berceau de ce géant mondial de la sous-traitance chimique et pharmaceutique. La construction, qui sera réalisée par Lonza, doit débuter cette année, sous réserve des approbations réglementaires, et l'usine devrait être "entièrement opérationnelle d'ici à 2020" précisent les deux groupes dans un communiqué. 

"Environ 60%" du portefeuille de recherche-développement de Sanofi est constitué de produits biologiques, dont des anticorps monoclonaux, pour "des domaines thérapeutiques clés comme les maladies cardiovasculaires, l'immunologie et l'inflammation, la neurologie et l'oncologie", rappelle Philippe Luscan, vice-président exécutif de Sanofi chargé des opérations industrielles. 

Les biomédicaments, avenir de l'industrie pharmaceutique

Les deux groupes disposeront chacun de 50% des capacités industrielles du site de production, mais Sanofi disposera d'un accès supplémentaire aux capacités du site en cas de demande croissante pour ses biomédicaments, afin de pouvoir "réagir rapidement aux fluctuations de la demande à court terme" indique un communiqué commun. De son côté, Lonza "sera libre" de commercialiser sa part des capacités à d'autres clients, "sous réserve que Sanofi n'en ait pas besoin", et aussi de commercialiser à des tiers des capacités attribuées à Sanofi si ce dernier ne les exploitait pas intégralement. 

Avec cet accord, Sanofi prend encore un peu plus le virage des biomédicaments, des produits à très haute valeur ajoutée, considérés comme l'avenir de l'industrie pharmaceutique. À l'inverse, le groupe a annoncé à l'automne dernier qu'il prévoyait de vendre son activité "génériques" en Europe d'ici à fin 2018 au plus tard.

Il pourrait aussi décider cette année de céder son activité de sous-traitance en chimie, qui concerne trois de ses sites: Vertolaye (Puy-de-Dôme), Elboeuf (Seine-Maritime) et Ujpest (Hongrie), soit 1.600 salariés, dont 1.100 en France. Officiellement, trois scénarios sont toujours sur la table pour cette activité: la vente, la création d'une coentreprise ou son maintien au sein du groupe.

A.M. avec AFP