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Sanofi dément classer ses salariés pour les licencier

Le laboratoire dément les accusations.

Le laboratoire dément les accusations. - Charly Triballeau - AFP

Le syndicat FO accuse le groupe pharmaceutique d'avoir pratiqué une politique de "ranking forcé" pour licencier ses salariés plus facilement. Une pratique "qui n'a jamais été envisagée par l'entreprise", affirme Sanofi.

Sanofi a démenti avoir pratiqué une politique consistant à sous-évaluer et classer des salariés pour les licencier plus facilement, comme l'en accuse le syndicat FO. Dans une "mise au point" transmise à l'AFP après la diffusion d'une enquête de France Inter, le groupe pharmaceutique affirme n'avoir "jamais pratiqué de ranking forcé", une pratique "qui n'a jamais été envisagée par l'entreprise".

"Si des dérives ont pu être observées, il s'agit d'initiatives individuelles contraires à nos valeurs et d'exceptions qui appellent toute notre vigilance", écrit l'entreprise. Dans le groupe, 30.000 cadres, dont 7.000 en France, sont évalués selon une méthode de notation qui conditionne le montant de la part variable de leur rémunération (bonus), explique le groupe.

Créer des "quotas préétablis"

Mais selon FO, elle aurait servi à créer des "quotas préétablis" de groupes de salariés plus ou moins performants. Selon Pascal Lopez, délégué syndical central FO-Sanofi Aventis Groupe, des dirigeants auraient ainsi de façon réitérée "décidé par avance d'un pourcentage d'évaluations négatives": 10% fin 2015, 15% ramenés à 7% en 2016.

Le syndicaliste évoque une liste "noire" de "200 salariés dont il fallait se débarrasser" dans les fonctions informatiques, "détruite" en mars après que le syndicat a saisi la direction. Pascal Lopez évoque des départs sous des formes diverses, "licenciements pour insuffisance professionnelle ou défaut de performance, ruptures conventionnelles, démissions", pour "compléter à moindre coût" les plans de suppressions de postes en cours.

Le délégué syndical affirme avoir présenté à de nombreuses reprises, entre février et mai, "des preuves indiscutables", "documents et témoignages", avant de décider de "mettre sur la place publique" ces cas. La prochaine étape, "si la direction générale ne veut rien savoir", sera "d'aller en justice", prévient-il.

D. L. avec AFP