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Sale temps pour les saucisses: a-t-on moins consommé de grillades à cause de l'été pluvieux?

Pas de soleil, pas de grillades. La consommation de viande de porc et d'agneau, que l'on retrouve habituellement sur les barbecues, est en baisse cet été.

Le retour des beaux jours, c'est surtout le retour des grillades: un Français sur quatre allume son barbecue au moins une fois par semaine en été. Mais l'été 2021, frais et maussade, a probablement déçu plus d'un adepte des brochettes. De quoi faire chuter la consommation de certaines viandes?

Selon des données de Kantar Worldpanel publiées par FranceAgriMer, les achats de viande de porc (-16,2%) et d'agneau (-19%) des ménages français pour leur consommation à domicile au mois de juillet dégringolent d'une année à l'autre. Les saucisses fraîches à cuire (plus concrètement, les merguez et les chipolatas) plongent, elles, de 14,7% par rapport à juillet 2020.

Il faut dire que la viande règne sur le gril: 87% des plats principaux cuisinés au barbecue sont des plats à base de viande, et seulement 4% à base de poisson et autant pour les légumes, selon d'autres chiffres de Kantar Worldpanel. Donc moins de soleil, moins de saucisses: l'une des explications à la chute de la consommation estivale de porc ou d'agneau peut donc se trouver du côté du temps peu favorable à la cuisine en extérieur.

"Il y a toujours un effet météo", confirme Guillaume Roué, président de l'interprofession de la filière porcine (Inaporc). "Pour les grillades, la saison démarre à la mi-mai, avec les saucisses, les ribs, les côtelettes. Ce sont des produits qui sont considérés comme festifs" et peuvent rapidement pâtir du mauvais temps, poursuit-il.

"On vend autre chose"

Pour les bouchers, ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle. "On vend moins de viande pour barbecue, mais on vend autre chose", souligne Jean-François Guihard, président de la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie et traiteurs (CFBCT).

"Les artisans peuvent facilement s'adapter, ils n'ont pas besoin de commander de gros volumes à l'avance, comme la grande distribution. S'il fait beau, ils font des brochettes. S'il fait moche, ils font de la farce", ajoute-t-il.

"Quand il fait gris, on passe plus de temps à cuisiner. Pour nous, ce sont davantage de morceaux du quotidien qui sont vendus", poursuit Jean-François Guihard, lui-même artisan boucher en Bretagne. Ça peut être aussi un meilleur chiffre d'affaires pour le boucher: les saucisses pour le barbecue sont moins chères que la viande d'un plat plus classique.

Mais le temps gris n'est pas le seul responsable de cette chute estivale du porc ou de l'agneau, lorsque l'on compare aux achats de l'année précédente. L'année 2020 a été exceptionnelle, avec une consommation à domicile anormalement élevée: la crise sanitaire a incité les Français à cuisiner chez eux beaucoup plus souvent que d'habitude, sans oublier une belle météo favorable aux grillades. C'est un retour à la normale plombé par l'été pluvieux.

Pas de panique, assure le boucher breton: "les Français se rattraperont en septembre et en octobre".

Jérémy Bruno Journaliste BFMTV