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"Rendez l'argent": Starbucks ciblé pour ses pratiques d'optimisation fiscale

Starbucks utiliserait un système de royalties colossales imposées à ses filiales européennes afin de minorer leurs revenus, et donc leurs impôts.

Starbucks utiliserait un système de royalties colossales imposées à ses filiales européennes afin de minorer leurs revenus, et donc leurs impôts. - Leon Neal - AFP

Des militants de l'association Attac sont allés devant un Starbucks parisien pour y dénoncer les pratiques d'optimisation fiscale de la chaîne de café qu'ils accusent de n'avoir jamais versé un centime d'euros d'impôts en France.

Une vingtaine de militants d'Attac ont déversé du terreau devant la boutique "Starbucks Coffee Opera" à Paris pour protester contre "l'optimisation fiscale agressive" de la chaîne américaine de cafés. "Starbucks réalise un chiffre d'affaires de 95 millions d'euros et n'a pas payé un centime d'euros d'impôts en France !", a dénoncé Aurélie Trouvé, porte-parole d'Attac.

Pour illustrer sa dénonciation, l'ONG altermondialiste a multiplié les symboles : du terreau versé à l'entrée de la boutique pour représenter le marc du café "défiscalisé", un gobelet géant aux couleurs de la marque plein de faux billets, ainsi que des pancartes "Y'en a marc ! Rendez l'argent".

Starbucks déjà condamné aux Pays-Bas

"Starbucks a déclaré un bénéfice de 728.679 euros en France seulement. C'est ridicule !", a poursuivi Aurélie Trouvé. "Starbucks a mis en place une stratégie d'évasion fiscale qui consiste à faire payer de multiples redevances à ses filiales", affirme l'ONG dans un communiqué. Attac reproche à Starbucks d'imposer à sa filiale française de verser d'importantes redevances à une société du groupe aux Pays-Bas, minorant ainsi artificiellement ses bénéfices en France.

Par ailleurs, en 2015, la Commission européenne a condamné Starbucks à payer une amende de 30 millions d'euros aux Pays-Bas pour avoir accordé un dispositif fiscal lui permettant de réduire de 20 à 30 millions d'euros sa charge fiscale.

L'opération d'Attac s'inscrit dans le cadre d'une action plus globale baptisée "Rendez l'argent" contre l'optimisation fiscale des multinationales. Starbucks France n'était pas joignable dans l'immédiat pour réagir aux dénonciations d'Attac.

N.G. avec AFP