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Pourquoi Samsung mise beaucoup sur les "biomédicaments"

Les médicaments biologiques sont, à la différence des médicaments synthétiques, fabriqués à partir de substances biologiques, vivantes, telles que des cellules animales ou végétales, et sont plus complexes à produire

Les médicaments biologiques sont, à la différence des médicaments synthétiques, fabriqués à partir de substances biologiques, vivantes, telles que des cellules animales ou végétales, et sont plus complexes à produire - Jung Yeon-Je-AFP

Samsung Biologics, la branche santé du géant sud-coréen, a levé 1,8 milliard d'euros lors de son introduction en Bourse à Séoul. Elle veut devenir un acteur clé sur le marché prometteur de la sous-traitance de médicaments issus des biotechnologies.

Après l'électronique, Samsung parie sur les médicaments issus des biotechnologies, ou "biomédicaments". Son activité pharmaceutique, Biologics, a levé près d'1,8 milliard d'euros lors de son entrée en Bourse à Séoul, la deuxième plus importante opération du genre jamais menée en Corée du Sud.

Les fonds levés serviront à augmenter ses capacités de production ainsi que ses activités de recherche et de développement. Samsung, qui cherche à trouver dans le bio-médical un nouveau moteur de croissance, avait annoncé cette introduction boursière en avril 2016. Cette activité avait été créée en 2011 alors que le groupe annonçait son intention d'investir 23.000 milliards de wons (18 milliards d'euros) dans les domaines de la santé et de l'énergie verte sur dix ans. Le potentiel de cette activité pharmaceutique permettrait de prendre le relais d'activités en décroissance ou ayant atteint une phase de plateau alors que Samsung a connu un véritable fiasco industriel dans la téléphonie mobile après l'échec cuisant de son smartphone Galaxy Note 7.

Samsung Biologics est sous-traitant pour des laboratoires réputés

Samsung Biologics est en fait un sous-traitant. Il produit pour de grandes compagnies comme Bristol-Myers Squibb ou Roche dans ses usines installées à l'ouest de Séoul. Les biomédicaments sont fabriqués par culture cellulaire associée à des technologies génétiques: leur matière première provient du vivant, à l'inverse des médicaments issus de la chimie de synthèse. Leurs substances actives sont composées de molécules complexes, jusqu'à 1.000 fois plus grosses que les molécules d'origine chimique comme l'aspirine. Ils sont aussi en conséquence plus compliqués à produire.

Bien que nouveau venu, Samsung Biologics (fondé en 2011) s'est déjà fait un nom en signant avec des laboratoires pharmaceutiques réputés, comme l'américain Bristol-Myers Squibb et le suisse Roche, des contrats de production ou de remplissage et finition de biomédicaments, autre segment de sous-traitance dans lequel il est présent.

Les biomédicaments atteindront 27% des ventes du secteur en 2020

Depuis quelques dizaines d'années, les biomédicaments sont au coeur de l'innovation dans de nombreux domaines thérapeutiques, en particulier le cancer, les maladies infectieuses, les maladies auto-immunes ou cardiovasculaires. Bien que coûteux et complexes à produire, leur part dans le marché pharmaceutique mondial ne cesse d'augmenter et devrait peser 278 milliards de dollars en 2020, soit 27% des ventes du secteur, contre près de 200 milliards de dollars en 2016, selon le cabinet d'études britannique EvaluatePharma.

Beaucoup d'entreprises pharmaceutiques ont recours à des sous-traitants pour produire des biomédicaments, qui nécessitent des sites spécifiques répondant à des normes de qualité et de sécurité extrêmement exigeantes. La production en sous-traitance des principes actifs de biomédicaments reste toutefois un marché encore limité: les estimations pour 2015 oscillent entre 3 et 4 milliards de dollars au niveau mondial.

De nombreux acteurs sont présents sur ce marché spécifique, mais quelques-uns dominent, notamment le suisse Lonza et le laboratoire allemand Boehringer Ingelheim, via sa filiale BioXcellence. Mais, lorsque sa troisième usine ouvrira ses portes fin 2018, Samsung Biologics sera le premier fabricant mondial de médicaments en termes de capacités de production, selon Woo Chang-Hee, analyste chez IBK Investment & Securities.

F.B avec AFP