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Pourquoi les ventes de foie gras ont plongé en 2019

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Entre mi-novembre 2019 et début janvier 2020, les ventes de foie gras ont reculé de 10%. Les professionnels du secteur dénoncent les effets de la loi EGalim sur l'encadrement des promotions sur les produits alimentaires et réclament un assouplissement.

Un an après l’entrée en vigueur de la loi EGalim sur l’alimentation, la filière foie gras fait grise mine. Selon les chiffres communiqués par le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog) et relayés par LSA, le marché a fortement reculé sur la période festive allant du 11 novembre 2019 au 5 janvier 2020. Les ventes en super et hypermarchés ont ainsi reculé de 10,2% en volume et de 10% en valeur par rapport à l’année dernière sur la même période.

Des ventes en chute de 32% en octobre-novembre

Le coup est d’autant plus dur à encaisser que le secteur enregistre généralement 70% de ses ventes en fin d’année. Certes, les deux dernières semaines de décembre ont permis de limiter la casse (hausse des ventes de 9% en volume et 5% en valeur sur la première semaine, +31% en volume et +27,5% en valeur sur la seconde). Ce qui démontre que les Français restent attachés au foie gras pour Noël et le jour de l’an.

Mais la présaison s’est révélée particulièrement mauvaise avec une chute des ventes de 43,8% en volume et de 30,7% en valeur de mi-septembre à mi-octobre. Même chose entre mi-octobre et mi-novembre: -31,7% en volume et -24,7% en valeur.

Encadrement des promotions 

Outre les effets liés à la grève sur le mois de décembre, la filière dénonce surtout la loi EGalim qui encadre les promotions depuis le 1er janvier 2019 en les plafonnant en valeur (34%) mais aussi en volume (25%) pour les produits alimentaires. Résultat, le foie gras a été moins mis en avant sur les étalages à l’approche des fêtes et donc moins visibles aux yeux des clients. Et les promotions étaient bien moins intéressantes pour un produit déjà coûteux. 

Mi-janvier, le Cifog réclamait déjà une "adaptation de la loi EGalim applicable aux produits relevant d’une forte saisonnalité et/ou issus de production bénéficiant d’une solide indexation des prix à travers des mécanismes de contractualisation producteurs/transformateurs". Les professionnels du foie gras "souhaitent que leurs produits, foie gras, magrets et confits ne soient plus soumis au plafond du volume vendu sous promotion aujourd’hui fixé à 25%", indiquait le Comité.

Leur appel a d'ailleurs été entendu. Mercredi soir, lors de ses voeux à l'Association nationale des industries alimentaires, le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume, dont les propos sont rapportés Les Marchés, a fait un pas en avant:

"Evidemment que nous allons évoluer sur les produits festifs". S'il a assuré que l'expérimentation de l'encadrement des promotions durera jusqu'à la fin de l'année, il a promis qu'une "décision sur ce sujet" serait prise "très prochainement". 
Paul Louis