BFM Business

La ville de New-York interdit la vente de foie gras à partir de 2022

Le conseil municipal de New York a adopté hier mercredi 30 octobre un texte interdisant la commercialisation du foie gras à partir de 2022, décision qui devrait priver l'industrie, locale en particulier, d'un marché important.

Le conseil municipal de New York a adopté hier mercredi 30 octobre un texte interdisant la commercialisation du foie gras à partir de 2022, décision qui devrait priver l'industrie, locale en particulier, d'un marché important. - Angela Weiss-AFP

À la fin 2022, il sera interdit à New York de vendre du foie gras, d'en servir ou même d'en détenir. Les contrevenants s'exposeront à une amende comprise entre 500 et 2000 dollars (450 à 1800 euros environ), susceptible d'être renouvelée toutes les 24 heures, selon un texte adopté par le conseil municipal de la cité américaine.

Le conseil municipal de New York a adopté hier mercredi 30 octobre, un texte interdisant la commercialisation du foie gras à partir de 2022, une décision qui devrait priver l'industrie, locale en particulier, d'un marché important. L'issue du vote de mercredi faisait peu de doute: une majorité d'élus avaient affiché leur soutien à ce texte, présenté en début d'année par plusieurs conseillers municipaux.

A compter de fin 2022, soit dans trois ans, il sera interdit de vendre du foie gras, d'en servir ou même d'en détenir. Les contrevenants s'exposeront à une amende comprise entre 500 et 2.000 dollars, susceptible d'être renouvelée toutes les 24 heures.

La Californie interdit la commercialisation du foie gras

La ville de New York rejoindra ainsi l'État de Californie, où la commercialisation est interdite depuis janvier, même si la bataille judiciaire continue autour de cette décision. La production de foie gras est interdite dans plusieurs pays, notamment le Danemark, le Royaume-Uni ou l'Australie.

"C'est une journée historique pour les droits des animaux à New York", a commenté, après le vote, Matthew Dominguez, conseiller politique de l'association "Voters for Animal Rights" ("Les électeurs pour les droits des animaux"), qui a joué un rôle majeur dans ce dossier. Le texte adopté mercredi précise que l'interdiction concerne les produits issus du gavage des animaux, pratique dénoncée par les élus ainsi que par plusieurs associations de protection des animaux.

Premiers affectés: deux gros producteurs au nord de New York

Outre amateurs, détaillants et restaurateurs, les premiers touchés par la mesure seront les deux gros producteurs installés au nord de New York, Hudson Valley Foie Gras et La Belle Farm. Le foie gras de ces deux exploitations alimente une partie importante du marché new-yorkais, même si la mesure aurait aussi un impact pour des producteurs français.

Aux opposants, qui assurent que les animaux souffrent du gavage, Hudson Valley Foie Gras répond que la quantité de grains administrée aux canards ne dépasse pas celle qu'ils pourraient manger d'eux-mêmes. Ils soulignent aussi que le gésier du canard a naturellement une fonction de stockage et n'a pas la sensibilité de celui d'un homme.

"On va se battre", a réagi Ariane Daguin, fondatrice et PDG de D'Artagnan, un intermédiaire qui alimente en foie gras une bonne partie du marché new-yorkais. "On va faire un procès." Pour elle, la nouvelle loi "n'est pas constitutionnelle du tout". "Ce n'est pas à un conseil municipal de décider ce qui est cruel ou pas pour les animaux." L'entrée en vigueur de la mesure "serait dramatique" pour D'Artagnan, dit-elle, car foie gras et morceaux de canard gras pèsent environ 10% de son chiffre d'affaires, soit 15 millions de dollars.

Pour Izzy Yanay, co-fondateur d'Hudson Valley Foie Gras, les activistes s'en sont pris à sa filière parce qu'elle est modeste par rapport aux géants de l'élevage et de l'agroalimentaire. "C'est très facile de nous attaquer", dit le chef d'entreprise qui annonce une "tragédie" pour une partie de ses 400 employés si la mesure entrait en application.

F.B avec AFP