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Pourquoi le géant allemand du sucre Südzucker refuse de vendre ses usines françaises qui vont fermer

Les betteraviers espéraient maintenir 130 emplois dans les deux sucreries et la culture de la betterave dans les bassins de production de ces deux sites, où travaillent 2.300 planteurs.

Les betteraviers espéraient maintenir 130 emplois dans les deux sucreries et la culture de la betterave dans les bassins de production de ces deux sites, où travaillent 2.300 planteurs. - Charly Triballeau- AFP

L'association des planteurs de betteraves proposait 30 millions d'euros pour la reprise des usines de Cagny et d'Eppeville. Le groupe sucrier allemand a décliné l'offre car son but n'est pas de trouver un repreneur mais de "retirer des capacités de production du marché européen".

Le groupe sucrier allemand Südzucker a annoncé jeudi que sa filiale "Saint Louis Sucre ne vendra pas ses sites de production" menacés de fermeture à Cagny (Calvados) et Eppeville (Somme). "Nous n'arrêtons pas la production de sucre pour la proposer à d'autres acteurs, mais bien pour retirer des capacités du marché", a expliqué le président du directoire de Südzucker, Wolfgang Heer, cité dans le communiqué.

Après avoir négocié il y a une semaine avec les planteurs d'Allemagne du Sud (VSZ), qui détiennent une participation majoritaire (57%) au capital de Südzucker, le président de l'association des planteurs de betteraves (CGB) avait assuré à la presse que la porte n'était "pas fermée" à une reprise des deux sucreries Saint Louis Sucre.

130 emplois en jeu

"Südzucker a accepté de recevoir notre offre de reprise par écrit. Nous proposons 30 millions d'euros pour la reprise des deux usines", avait indiqué Franck Sander, le président de la CGB. Les betteraviers espéraient ainsi maintenir 130 emplois dans les deux sucreries et la culture de la betterave dans les bassins de production de ces deux sites, où travaillent 2.300 planteurs.

Mais Südzucker n'est pas vendeur et a enfoncé le clou jeudi en expliquant que le but était de "retirer des capacités de production du marché européen". "La France représente un marché excédentaire et produit deux fois plus de sucre qu'elle n'en consomme. La concurrence y est très forte, tant pour l'approvisionnement en betteraves que pour les débouchés", rappelle-t-il.

Cinq sites appelés à fermer en Europe

Selon la CGB, le rachat permettrait au numéro un mondial du sucre, et actionnaire majoritaire de Saint Louis, d'économiser 100 millions d'euros sur les 200 millions qu'il dit avoir provisionnés pour couvrir la fermeture, le plan social et la dépollution de cinq sites appelés à fermer en Europe (un en Pologne, deux en France et deux en Allemagne).

Mais pour le directoire du groupe Südzucker, "le projet de reprise des sites de Cagny et d'Eppeville, débattu dans la presse par la CGB, ne résoudra pas le problème de surproduction".

Le groupe Südzucker, qui a publié ses résultats annuels le 16 mai dernier, enregistre pour sa branche sucre une perte de 239 millions d'euros sur l'exercice 2018/19.