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Pernod Ricard privé de stock-options par ses actionnaires

Les dirigeants et certains salariés de Pernod Ricard ne toucheront pas de stock-options au titre de l'exercice 2013-2014.

Les dirigeants et certains salariés de Pernod Ricard ne toucheront pas de stock-options au titre de l'exercice 2013-2014. - PHILIPPE HUGUEN - AFP

Les membres de l'actionnariat du groupe de spiritueux, réunis en Assemblée générale jeudi, ont refusé l'attribution de stock-options aux dirigeants et aux salariés de l'entreprise. Un évènement très rare.

Les actionnaires prennent le pouvoir! Fait extrêmement rare jeudi en Assemblée générale: les détenteurs de capital de Pernod Ricard ont refusé l'attribution de stock-options aux dirigeants et aux salariés du groupe. Ils ont estimé que les critères d'attribution manquaient d'exigence.

Jeudi soir, réunis salle Pleyel à Paris, ils n'ont voté qu'à 63% la résolution sur le volume et les conditions d'octroi des stock-options. Il aurait fallu qu'ils la valident à 66% au minimum pour qu'elle passe.

Les critères de performance en cause

"Ce n’est pas le principe d’attribution qui a été rejeté mais un changement d’ordre technique concernant les critères de performance", a réagi Danièle Ricard, la présidente du conseil d'administration, à l'issue de l'AG.

En effet, le mode d'attribution des stock-options a changé il y a un an, explique un porte-parole de Pernod-Ricard. Ce mode de rémunération dont bénéficient les dirigeants et 5% des effectifs est attribué en fonction de la performance. Des stock-options commençaient à être distribuées dès lors que l'action Ricard avait mieux performé que le CAC 40.

Une méthode critiquée, notamment par le cabinet de conseil aux actionnaires Proxinvest. "L'indice parisien réunit des valeurs bien trop diverses pour être une référence fiable sur la performance d'un groupe de spiritueux", explique-t-on au sein du cabinet.

Le leader mondial des alcools de prestige a donc revu sa copie. L'octroi de stock-options est désormais décidé en comparant la performance du titre Ricard et celle de l'indice Food and Beverage index.

"Un volume trop important de stock-options"

"Cela allait dans le bon sens", admet Proxinvest. Le problème, c'est que le groupe considère qu'il y a performance même lorsque l'action Ricard fait moins bien que cet indice (jusqu'à -15%). Une façon de "lisser les problématiques de devises entre les différentes valeurs de l'indice", justifie le porte-parole de Ricard.

C'est ce qui a fait tiquer les actionnaires. "Par principe, les investisseurs n'ont pas accepté qu'on commence à verser ces rémunérations à partir d'une sous-performance", continue-t-il.

Proxinvest avance une raison supplémentaire à la réserve des actionnaires: "le volume et le montant potentiel des stock-options nous paraissaient très important". Quand le chiffre d'affaires du groupe sur l'exercice, à près de 8 milliards d'euros, était en baisse par rapport à l'année précédente.

Concrètement donc, les dirigeants et les salariés qui bénéficient de stock option n'en toucheront pas au titre de l'exercice 2013-2014. Et le comité des rémunérations va travailler à trouver un nouveau mode de calcul, a prévenue Danièle Ricard. Le groupe n'a d'autres choix que d'être exemplaire: son PDG jusqu'à cette dernière AG, Pierre Pringuet, est également président de l'Afep, l'association qui, avec le Medef, dicte aux entreprises la conduite à tenir en matière de gouvernance et de rémunération. 

N.G.