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Passer le permis bateau en Ile-de-France: mission quasi impossible

Le constructeur vendéen développe une offre d'accès illimité à ses bateaux à partir du port des Sables-d'Olonne.

Le constructeur vendéen développe une offre d'accès illimité à ses bateaux à partir du port des Sables-d'Olonne. - Beneteau

Entre les retards accumulés par le covid et les confinements, les mesures de restrictions dans les salles d'examen et le bond de la demande, le nombre de dossiers en attente a explosé.

C'est une tendance forte du tourisme: louer un bateau pour naviguer en famille près des côtes en toute tranquilité, loin des foules et des plages bondées. Or, pour réaliser cette envie, il faut un permis qui s'obtient après examen.

Mais les ambitions de nombreux Franciliens (car c'est en Ile-de-France que la demande est la plus forte) se heurtent depuis des mois à un véritable embouteillage. Et beaucoup n'arrivent tout simplement pas à le passer.

"Toutes les inscriptions à compter de ce jour (…) ne donneront lieu à un passage d’examen qu’au mieux durant l’hiver 2021", peut-on ainsi lire sur le site Web de l'ENF, l'école de navigation française.

Plusieurs mois d'attente

En cause, une fois encore, le covid. Pendant les confinements, les centres d'examen ont fermés et les retards se sont accumulés. Une situation encore pire en Ile-de-France où on ne compte qu'un seul centre de ce type.

La situation ne s'est pas vraiment améliorée lors de sa réouverture puisque le nombre de places a été limitée pour respecter les critères de jauges.

"Déjà avant la crise, il y avait du retard", explique à BFM Business, Pierre Bost, président honoraire de la Fédération Nationale des Bateaux Ecoles. "Ensuite, évidemment, ce la a empiré surtout avec la réduction de la jauge à 4 m2 par candidat dans les salles d'examen."

Alors qu'avant 2020, il ne fallait que quelques semaines entre l’inscription en école et le passage du permis, aujourd'hui, les délais sont de plusieurs mois et nombreux sont les prétendants déçus de ne pas pouvoir obtenir leur précieux sésame pour les vacances d'été.

Plus de candidats, plus d'écoles, plus d'échecs à l'examen mais pas plus de sessions

"Il n'y a qu'une session par trimestre", rappelle Pierre Bost. "Il n'y a plus de places jusqu'en septembre/octobre mais pour cette session, les places seront chères car on compte désormais 30 bateaux écoles en Ile-de-France".

Autre facteur aggravant: le bond de la demande. En 2020, au niveau national, le nombre de candidats dans les bateaux écoles a flambé de de plus de 65% sur un an, soit plus de 20.000 dossiers de plus.

"Non seulement ça amène plus de monde dans les salles d'examen mais ça donne aussi des idées à des écoles qui vendent à pas cher le permis et qui délivrent donc des formations insuffisantes. Du coup, le taux d'échec a explosé passant de 8 à 30%. Tous ces candidats essayent de repasser l'examen ce qui accentue encore les délais", explique le spécialiste.

L'organisation des examens relevant de l'Etat, la Fédération Nationale des Bateaux Ecoles demande un renforcement des ressources. "L'Etat nous répond qu'il n'a pas les moyens pour augmenter le personnel ou le nombre de sessions et de salles", se désole Pierre Bost qui rappelle néanmoins que chaque examen rapporte à l'Etat 108 euros en droit de timbres. Ce qui devrait peut-être l'inciter à agir au vu de cette demande de plus en plus forte.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business