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Monoprix déploie des cabines de téléconsultation dans ses magasins, l’Ordre des médecins s'insurge

Monoprix

Monoprix - Kenzo Tribouillard - AFP

L'enseigne a récemment installé des cabines de téléconsultation pour ses clients dans deux de ses magasins. Une nouveauté que dénonce le Conseil national de l'Ordre des médecins.

Monoprix élargit son offre de services. L’enseigne de grande distribution vient d’installer dans deux de ses magasins (à Paris et Troyes) des cabines de téléconsultation médicale développées par l’entreprise Tessan Pharma Express.

Destiné aux clients des supermarchés, ce nouveau service s’intègre aux espaces "la santé au quotidien" que Monoprix déploient dans ses magasins pour "faciliter l’accès aux soins".

Concrètement, le patient, une fois installé dans la cabine, pourra être mis en relation avec un médecin généraliste (après 7 minutes d’attente en moyenne). Il lui suffira pour ce faire d’insérer sa carte vitale dans la machine. A l’intérieur, il pourra utiliser les différents outils mis à sa disposition (tensiomètre, stéthoscope, thermomètre…) en suivant les conseils du spécialiste. A noter que cette téléconsultation ne nécessite pas d’avance de frais.

"La santé n'est pas un commerce"

Avec ce nouveau service, Monoprix dit s’inscrire "pleinement dans une logique d’amélioration d’accès aux soins, en parfaite adéquation avec les ambitions de tous les acteurs de santé de proximité avec lesquels Tessan collabore au quotidien". Ce n’est pourtant pas l’avis du Conseil national de l’Ordre des médecins qui n’a pas caché son mécontentement face à l’apparition de ces téléconsultations en supermarché.

L’Ordre rappelle en effet que "la téléconsultation doit être inscrite dans le parcours de soins coordonnés". Dès lors, "il ne peut être accepté qu’un médecin prenne en charge un patient sans possibilité de procéder à un examen clinique chaque fois que cela est souhaitable, sans aucun ancrage territorial ni aucune connaissance du tissu sanitaire médico-social, sans se préoccuper de son parcours de soins et sans apporter une garantie que la continuité des soins pourra être assurée".

Or, "les cabines de téléconsultation ouvertes dans l’enceinte des supermarchés semblent (…) contrevenir à ces obligations et être portées par des opérateurs de télémédecine, hors parcours de soins", poursuit l’Ordre des médecins. Rappelant que "la santé n’est pas un commerce", il appelle le gouvernement à "réagir avec fermeté pour défendre les principes régissant l’organisation des soins en France, et pour protéger l’acte médical au service des patients".

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco