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Malgré un marché des jeux d'argent en baisse, le régulateur ne veut pas des "paris sur tout"

Invitée de BFM Business, Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de l'Autorité nationale des Jeux revient sur la feuille de route du régulateur d'un secteur où 50 milliards d'euros sont misés chaque année.

50% des Français jouent régulièrement à des jeux d'argent et misent pas moins de 50 milliards d'euros par an. Ce secteur en pleine expansion a d'ailleurs un nouveau régulateur. L'ANJ (Autorité nationale des jeux) remplace ainsi l'Arjel (Autorité de régulation des jeux en ligne) et se dote d'un périmètre d'action bien plus important. Elle est présidée par Isabelle Falque-Pierrotin qui était jusque là à la tête de la Cnil (Commission nationale informatique et liberté).

Pour autant, comme le confirme la responsable sur BFM Business, ce marché a souffert pendant le confinement. Malgré "un déplacement vers le on-line" avec notamment une "explosion" du poker en ligne, le chiffre d'affaires global du secteur (casinos, courses hippiques, loteries, paris sportifs, casino en ligne) a reculé de 24% pendant cette période. Et sur l'année, Isabelle Falque-Pierrotin s'attend à une "décroissance assez importante" après +7% en 2019.

Pas question néanmoins d'ouvrir un peu plus le marché des paris, à l'image de la Grande-Bretagne où on peut miser sur tout et n'importe quoi pendant une compétition sportive notamment.

Produits toxiques

"Dans beaucoup de pays vous pouvez jouer sur n'importe quoi. (...) En France, il y a un type de pari et un type de compétition qui sont admissibles à l'offre de paris. Beaucoup de personnes disaient: 'c'est quelque chose qui va handicaper le développement du pari sportif en France'. Les chiffres montrent que ce n'est pas vrai. Le pari sportif a été multiplié par 10 ces dernières années".

Et de poursuivre: "les différents régulateurs européens reviennent vers nous pour dire finalement: 'vous avez raison, les produits les plus toxiques, les plus exotiques sur des compétitions que personne ne connaît (...) ce n'est pas bon pour les parieurs, ce n'est pas bon pour les opérateurs'".

"L'exemple anglais est un exemple qui d'après les premiers contacts que j'ai avec mes homologues montre que le jeu totalement débridé finalement n'est pas bon. (...) Il y a une commission bi-partisane en Angleterre pour revoir la loi sur les jeux. Il y a une montée dans l'opinion publique sur l'addiction. Donc ils se rendent compte que finalement le modèle français n'est pas si mauvais que ça", assure Isabelle Falque-Pierrotin.

Olivier Chicheportiche