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Magasins de meubles: entre arnaques et fausses promos, les clients doivent rester vigilants

La DGCCRF a constaté de nombreuses anomalies dans son enquête, comme des étiquetages trompeurs

La DGCCRF a constaté de nombreuses anomalies dans son enquête, comme des étiquetages trompeurs - CC

370 établissements contrôlés, des anomalies dans au moins un établissement sur deux. C’est ce qui ressort de la dernière enquête de la répression des fraudes sur le secteur de l’ameublement. Problèmes d’étiquetage des produits, fausses promotions, meubles soi-disant fabriqués en France qui viennent de l’étranger, démarchage abusif, arnaques, la liste est longue…

Les enquêteurs ont relevé des anomalies en matière d’étiquetage des produits."Une des fraudes qu’on retrouve le plus souvent par exemple c’est l’utilisation des mentions "simili cuir" ou "façon cuir" qui sont pourtant interdites, c’est une anomalie qu’on retrouve vraiment partout", explique Alexandre Chevallier, directeur de cabinet adjoint à la DGCCRF.

La répression des fraudes dénonce de nombreux problèmes concernant l’information délivrée au consommateur, par exemple sur l’utilisation de produits biocides, utilisés pour éliminer les bactéries. "Cette information doit figurer sur l’étiquette, et souvent ce n’est pas le cas", précise Alexandre Chevallier.

Fausses promotions et opérations de déstockage

Selon la DGCCRF, les anomalies relevées concernent aussi pour beaucoup les réductions de prix. "Par exemple l’annonce dans une vitrine d’un rabais allant jusqu’à 70% alors que ça ne concerne que très peu d’articles à faible valeur marchande. Souvent aussi certains vendeurs proposent des réductions très importantes, sauf que le prix de base est complètement farfelu", précise Alexandre Chevallier. La répression des fraudes dénonce également des allégations thérapeutiques infondées, ou encore un procédé très répandu qui consiste à suggérer que les meubles ont été fabriqués en France alors qu’ils viennent de l’étranger.

Les enquêteurs ont également identifié des opérateurs, isolés ou fonctionnant en réseau, ayant volontairement recours à des méthodes de commercialisation déloyales, particulièrement préjudiciables pour le consommateur. Ces méthodes reposent sur des présentations susceptibles d’induire le consommateur en erreur notamment sur la qualité des produits, les conditions de vente, les délais de livraison, les garanties et des offres en apparence alléchantes (promesses de cadeaux ou de gains divers, forts rabais sur les prix affichés) mais qui s’avèrent être des leurres pour rendre les ventes plus attractives aux yeux des consommateurs.

Méfiez-vous si vous avez gagné un cadeau...

Le taux d’anomalie relevé par la DGCCRF s’élève à 57 % dans les établissements "non sédentaires" (magasins installés en bail précaire avec démarchage téléphonique, ventes au déballage, sur les foires et salons et les marchés).

"Non seulement le taux d’anomalie est supérieur dans les commerces non sédentaires, mais les anomalies sont généralement plus graves car les professionnels sont organisés pour tromper les consommateurs", explique Alexandre Chevallier. Cependant les commerces sédentaires, y compris les grandes chaines de distribution, sont aussi concernés, puisque des anomalies ont été constatées dans 48% des magasins contrôlés.

Alors, comment se repérer dans la jungle des magasins d’ameublement ? "Le premier réflexe c’est de se méfier de toute forme de démarchage, surtout si on vous dit que vous avez gagné un cadeau. Il faut aussi éviter de craquer face à des réductions énormes valables uniquement le jour même, toujours vérifier le droit de rétractation, les conditions de vente, et surtout ne jamais céder à la pression pour acheter tout de suite". Bref, prendre son temps. 

Au total, l’enquête de la DGCCRF a abouti à 117 avertissements, 32 injonctions, 28 procès-verbaux pénaux et 15 procès-verbaux administratifs.

Marie Dupin (RMC)